Yut

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Bonjour, bonsoir, je me présente, je suis... Heu, je me nomme... Bref, je suis le narrateur. Ce que je vais vous conter est arrivé il y'a quelques années, cependant, je ne connais pas la date de ce passé de vie.

 

 

 

Tout commence dans un petit village au sud du château d'Amakna, la petite chaumière de notre protagoniste est placée là, dans une petite prairie entourée de champs. L'habitation, animée par les va et vient d'une jeune femme grommelant, tenant dans un bras un enfant, et dans l'autre un panier de fruits. Sans doute le repas du soir, quoique ce n'est pas très nourrissant comme repas. Je m'égare. Je disais donc, la jeune femme semblait très occupée, et lors d'un moment d'inattention, l'enfant glissa de ses bras.

 

La chute ne fut pas bien longue puisqu'elle eut le temps d'anticiper celle-ci et de le rattraper avec le panier. Malheureusement, quelques fruits furent écrasés sous le poids de sa chute. C'est alors, en constatant les dégâts que la femme entra dans une colère noire avant de hurler de toutes ses forces : « Mais putain quelle conne ! Pourquoi j'ai baisé avec ce sac à bière ? Maintenant je me retrouve avec un avorton à gérer ! Si je pouvais le refourguer, l'abandonner, ou mieux, le stocker dans la remise, sur le fumoir à viande ? Ce serait un soulagement ! » Quelques secondes d'injures après, la jeune femme se calma avant de reprendre le gamin pleurant et dégoulinant de jus dans les bras, puis de retourner à ses occupations.

Non loin de cette chaumière, quelque chose d'important se préparait... Une troupe de Brâkmariens allait rendre une visite à un petit village plus haut, et la malheureuse habitation se trouvait sur le chemin de ces brutes. Le chef de cette troupe ne donna qu'un seul ordre : « Menacez et pillez, nous devons agrandir l'influence de Brâkmar ! Tuez ceux qui résistent ! » C'est alors que la barbarie de ces hommes se fit entendre jusqu'à la petite habitation.


Entendant hurlements et fracas des armes et armures, sans possibilité de réagir à cette attaque éclair, la jeune femme, terrifiée se mis à fuir en direction du village, tenant toujours l'enfant dans ses bras, instinct maternel sans doute ? Elle qui souhaitait le faire sécher comme une vulgaire cuisse de bouftou... Hein ? Je m'égare encore ? Bon, bon... Rien n'y fait, elle a beau courir de toutes ses forces elle se fait rattraper par un homme, qui lui tranche le mollet gauche, de sa longue épée, ce qui l'a fait tomber massivement au sol. L'homme, qui se tenait devant elle en rigolant, leva son épée afin de l'abattre lourdement sur elle. A cette situation, la jeune femme cria si fort que l'homme s'arrêta net...


« STOP ! Arrêtez ! Epargnez-moi ! Prenez ce gosse, je vous le donne, mais laisse-moi la vie sauve ! Je vous en supplie ! »


L'homme, qui se trouvait en réalité être le commandant de cette troupe, étonné de la demande de la jeune femme lui posa alors une question :
« Pourquoi ? Pourquoi devrais-je t'épargner en échange de cet enfant ? Ahahah elle est bien bonne ! Tu serais prête à abandonner ton enfant pour te sauver ? »


La femme, encore vivante rétorqua du tout au tout :
« Oui ! Complètement ! Je ne le voulais pas ! J'ai baisé avec un pilier de taverne, un sac à bière, rien de plus! Et j'ai eu cet avorton, je n’en veux pas ! Prenez-le ! Faites-en, je ne sais pas… Un soldat, mais épargnez-moi ! »


Le Commandant éclata de rire, puis attrapa l'enfant par la jambe avant de le lever à sa hauteur.
« Il est drôlement calme, vu la situation. Je vais accepter ta proposition, ce gosse servira de cadeau pour ma femme. J'accepte de te laisser la vie sauve, enfin... Si tu survis à la blessure que je vais t'infliger... »

 

Puis planta son épée dans le côté gauche de la jeune femme, l'entaillant sur sept centikamètre dans toute la profondeur de la hanche. Ses cris de douleur semblaient amuser l'enfant, la tête en bas, qui après trois  jours de vie, venait d'assister à sa première barbarie.


Le commandant mis le gamin dans un sac en toile, qu'il jeta derrière son dos, avant de hurler :
« Allez bande de pouriture !  En avant !  Si vous ne voulez pas finir au trou à vous faire manger par les rats ! » L'expédition de ces hommes continua comme si rien ne s'était passé, la femme gisant au sol, paralysée par la douleur.

 

Ses origines...

 

 

 

Nous voici quelques jours après l'expédition de la troupe brâkmarienne, le commandant et ses hommes sont enfin de retour à Brakmar. Il envoya les blessés se faire soigner, ceux encore debout à la taverne, tandis que lui se contenta d'aller faire un rapport à ses supérieurs. Il expliqua comment c'était passé l'expédition, et, interrompu par des pleurs lors du rapport, il dû expliquer pourquoi il rentrait avec un bébé dans un sac. Il expliqua alors le pacte avec la femme. 

 

Une fois le rapport fini, il prit la direction de sa maison, non loin de l'arène, son salaire lui permettant de vivre en centre-ville. Devant sa maison, sa femme, avertie de son arrivé, l'attend, une bouteille à la main. L'homme, non mécontent de sa trouvaille, la montre fièrement à sa femme, avec pour explications :
« Regarde femme ce que je t'ai ramené de mon expédition ! Une jeune femme c'était fait troncher par un homme et elle a eu un gosse, elle voulait que je l'épargne en échange de ce mioche, ahahah ! Du coup je me suis dit que ça te ferait plaisir que je te le ramène ! »


La femme, étonnée de la trouvaille de son mari, et des circonstances de celle-ci, s'exprima clairement sur le sujet :
« Dis-moi ? Que vais-je faire de ce gamin ? Tu as vraiment pensé que ça me plairait ? J'ai déjà suffisamment de boulot dans cette putain de maison et tu veux m'en rajouter encore ?  Mais enlève-moi cette merde de ma vue et débarrasse-toi s’en ! Et pour être sûre que tu ne me le ramènes pas en douce... »


Sur ces mots la femme cassa la bouteille contre le mur, en entailla légèrement le ventre de l'enfant avec celle-ci. L'homme, étonné, et énervé du comportement de sa femme s'écria tout en s’éloignant :
« Très bien, je vais jeter ce truc ! Et quand je reviens, tu vas te prendre une branlée comme t'en a jamais pris ! »


Le commandant, parcourant les rues avec un enfant qui braillait de douleur, attirait tous les regards, il emprunta alors une petite ruelle remplie de poubelles, et jeta l'enfant dans l'une de celles-ci.
« Bon, voilà qui est fait, je m'en vais corriger cette mégère maintenant ! » disait-il s'éloignant peu à peu de la poubelle.

 

Un bébé encombrant...

 

 

 

Le bébé, seul dans sa poubelle, tortillant de douleur, pleurant, attira l'attention d'un petit voleur de quartier. « Tiens donc, mais que fait cette chose ici ? » pensa-t-il, avant de le prendre et de l'emmener avec lui dans les profondeurs de la cité pourpre.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé par la suite, du coup nous allons reprendre notre histoire quelques années plus tard.

Le gamin poubelle est devenu suffisamment grand pour attraper les bourses à la ceinture, et avec ses pattes de velours, il pourrait détrousser un vilinsekts sans qu'il ne s'en rende compte. Il est aussi largement habile pour se déplacer discrètement dans les maisons qu'il dépouille. Ses vols commencent à être de plus en plus fréquent, son surnom, le voleur velu, commence à prendre en réputation au sein des habitants, craignant de plus en plus ses visites. Ah oui, forcément, recueilli par un voleur, on pouvait se demander comment il allait être éduquer, mais c'était tellement prévisible.


Enfin soit. Je disais donc, il est suffisamment grand blablabla. Ce bébé, devenu un redoutable voleur a son adolescence, est sans doute passé par plusieurs expériences terribles.
Ah, je me souviens qu'il y'a quelques années, le voleur l'ayant recueilli a été exécuté. Donc, il aurait vécu seul pendant un petit moment... Et il a survécu grâce au vol... Ha, je commence à comprendre !

Mais ? Je m'égare encore ! Reprenons. Ah, j'ai oublié de faire les présentations.

Ce jeune voleur avait désormais un nom, Yut, bien identifiable par son pelage blanc et la cicatrice parcourant son torse, bien qu'il veillât toujours à la cacher avec ses poils. Il avait les yeux noirs, sans doute dû à l'obscurité du sac et de la poubelle, et son visage affichait quasiment aucune émotion, si ce n'est de la colère.

Je disais donc, Yut, de son surnom le voleur velu, commençait à voir sa réputation grandir, si bien qu'un avis de recherche en son nom apparut du jour au lendemain. Cependant, sur l'avis de recherche, rien ne permettait de l'identifier physiquement. Jusqu'au jour où, lors de la visite d'une maison, non loin de l’arène, pour voler, évidement, il n'est pas du genre à visiter pour l'achat, enfin bref. Ce jour-là donc, il rencontra un terrible problème. Il pensait certainement qu'il allait encore pouvoir prendre ce qu'il souhaitait sans que personne ne s'en rende compte, mais cette fois ci la chance tourna, et il tomba nez à nez avec le propriétaire de la maison. « Merde, bon, il a l'air vieux, je devrais pouvoir m'enfuir facilement, je suis agile » pensa-t-il, avant de se recevoir un coup sur la tête le mettant immédiatement hors circuit.

 

Le Voleur Velu

Le Capitaine...

 

 

 

« La folle dérobade du voleur velu prend fin » Criait le crieur public. En effet, comme vous vous en doutez, Yut est tombé nez à nez avec un commandant de la milice. Il ne pouvait pas lui arriver pire comme situation, non ?


Yut se réveilla quelques jours après sa rencontre avec le commandant, il se trouvait dans les cachots de la cité. Assis en face de lui, l'homme l'ayant assommé lui explique ce qu'il va lui arriver :
« Bien, jeune Ecaflip, tu as été surpris à voler dans une maison, qui plus est, ma maison. De plus, tu dors depuis deux jours, et depuis deux jours plus aucune plainte pour vol correspondant à la façon de faire du voleur velu n'a été faite, j'en conclus donc que c'est toi. Ai-je tort ?"


Le prisonnier, comprenant sa situation, baissa la tête tout en fermant les yeux, comme signe d'acquiescement.
"Donc, juste pour te tenir au courant, tu es condamné à la torture publique suivi de la décapitation par Dragodinde de trait." Rajouta l'homme, observant la réaction du jeune disciple d'Ecaflip, espérant le voire perdre tout espoir.

 

La réaction du voleur velu, laissa l'homme sans voix pendant quelques secondes, avant de se lever et de partir.

 

Le lendemain, une foule se rassemblait non loin de la milice de Brâkmar, une estrade avait été monté spécialement pour ce jour, et le commandant c'était assis juste en face de la table ou allait être allongé l'Ecaflip pour subir diverses tortures. Ils n'avaient toujours pas positionné le coupable, que le commandant ordonna au tortionnaire de partir. Le public, étonné commençait à penser qu'il s'était fait avoir, mais le commandant expliqua alors « Je vais m'occuper personnellement de le torturer, après tout, c'est chez moi qu'il est venu. » Le public rassuré se mis à encourager le commandant. Il prit alors l'Ecaflip par le bras, et le jeta sur la table.

Je passe volontairement le passage des tortures, vous comprendrez pourquoi.

Quelques jours plus tard, Yut, toujours au cachot, se remettant des tortures subis, il... Ah, j'ai oublié quelques détails ? En effet, il n'est pas mort, en fait, après quelques heures de torture le commandant a fini par le raser pour l'humilier avant sa mort, et c'est ainsi, en voyant la cicatrice de naissance, et quelques murmures entre les deux hommes, que le commandant annonça vouloir épargner le disciple d'Ecaflip pour le faire intégrer la milice sous ses ordres.

 

Il demanda alors que l'on soigne le jeune homme, et qu'on le remette au cachot. Plus tard : « Yut, c'est ça ? J'ai une proposition. Rejoins les rangs de la milice, on oubliera tes méfaits et je te formerai, tes talents pour le vol et l'infiltration nous seraient utiles, de toute façon, je ne te laisse pas le choix, c'est soit tu intègres la milice, et tu meurs au combat, soit tu meurs comme prévu, c'est à dire décapité. » annonça le commandant à Yut.

 

« Je retarde donc juste ma mort, c'est ça ? » répliqua Yut. Le commandant acquiesça d'un signe de tête. « Bon, très bien, j'accepte... » dit-il avant de se rallonger sur la paille de son cachot.
 

Sa captivité...

 

 

 

Peu de temps après ces évènements, Yut commença son entraînement aux côtés de cet homme, le commandant commença par évaluer ses capacités de combat, en tant que disciple d'Ecaflip, ses bluff lui donnaient l'avantage, mais le manque d'expérience se fit vite sentir, alors que celle du commandant montra enfin de quoi il était capable. De nombreuses fois la garde de l'Ecaflip n'était concentrée que sur son visage, laissant place à des coups violents dans les jambes, paralysant quelques secondes l'Ecaflip au sol, offrant la possibilité au commandant de l'immobiliser. Plus les entraînements s'intensifiaient, plus les attaques du commandant n'atteignaient plus l'Ecaflip.

 

Jusqu'au jour ou l'Ecaflip parvenait à rivaliser avec le commandant, mais sans le surpasser. « Bien ! Tu es fin prêt pour du combat réel ! Cependant, il te reste encore beaucoup de choses à apprendre. Ton prochain entraînement consistera à survivre, dans l'un des milieux les plus hostiles de notre monde. Tu devras passer deux semaines dans la forêt maléfique. Cet endroit est parfait, peu de nourriture, des créatures qui veulent ta mort, et un labyrinthe naturel. Tu devras donc survivre deux semaines là-bas, comment tu t'y prends, je m'en fou. Mais sache que tu ne pourras pas en sortir avant les deux semaines, ou tu mourras. Et à la fin de ces deux semaines, tu devras me trouver, je me serais installé quelque part dans la forêt, et tu auras deux jours pour trouver ou je suis. Ce délai passé, tu meurs. Si tu me trouve, tu continueras ton entraînement. Si tu as tout compris, tiens, prend ça, on part dans six heures.» expliqua l'homme à Yut, tout en lui donnant une friandise.  « Je ne suis pas un enfant ! » rétorqua l'Ecaflip « A quoi me servirait un bonbon dans cette épreuve ? » Le commandant rajouta « C'est la seule chose que je te donne pour survivre, je l'ai trouvée par terre. » Avant d'attraper l'Ecaflip par la nuque pour le trainer jusqu'au cachot en rigolant

L'épreuve...

 

 

 

L'heure du départ approchait à grand pas, l'Ecaflip avait peu dormi, mais se préparait déjà mentalement pour cette épreuve de survie. D'un grand coup de pieds dans les barreaux, le commandant s'écria « Allez le chaton ! Bouge ton cul on s'en va ! C'est l'heure ! Prend bien ton bonbon ! Ahah » Avant d'ouvrir la porte de la cellule. Deux dragodindes attendaient les deux hommes à l'extérieure de la milice, l'une avec des vivres et l'autres attachée à la première avec pour seule selle, une vieille couverture. Le commandant et l'Ecaflip partirent alors en direction de la forêt Maléfique pour commencer ce second entraînement. Leur voyage ne sera pas de tout repos, la traversé offrit au commandant plusieurs possibilités de mettre Yut à rude épreuve. Quelques combats sans son intervention avaient laissé des blessures handicapantes pour le nouvel entraînement qu'allait endurer Yut. Une blessure à la jambe gauche avait fortement réduit sa vitesse et son agilité, et une morsure au bras droit rendaient ses attaques moins dévastatrices. Ce qui annonçait une difficulté mortelle pour son entraînement dans la forêt maléfique.

Quelques jours après leur départ, ils arrivèrent enfin devant l'entrée de cette forêt maudite. Le commandant rappela le but de cet exercice, avant d'accompagner l'Ecaflip, les yeux bandés, jusqu'au coeur de la forêt. Une fois bien enfoncé dans la forêt, le commandant rebroussa chemin, laissant l'Ecaflip livré seul à lui-même. Son objectif ? Survivre !

 

Les débuts furent difficiles, l'Ecaflip n'a pas pu manger avant le troisième jour, ses blessures l'empêchant de chasser correctement. Il était aussi compliqué de s'hydrater, il attendait la rosée du matin pour boire le peu d'eau qu'il réussissait à trouver sur les feuilles d'arbres. Cependant, Yut a réussi ce défi, il a survécu pendant deux semaines, mais n'a pas chômé, au bout d'une semaine, il a commencé à chercher l'entrée de la forêt, où il avait laissé un morceau de la couverture qui lui servait de selle, il l'avait soigneusement découpé, discrètement avec ses griffes. Il a fini par le trouver un jour avant la fin de la deuxième semaine, il a pu dès lors attendre le commandant pour la seconde partie de l'entraînement.

 

Le lendemain matin, le commandant entra dans la forêt, jeta un coup d'oeil aux alentours, avant de se diriger vers le nord de la forêt. C'est alors que le voleur velu se redécouvrit, il se mis à suivre le commandant comme s’il s'infiltrait dans une maison, si discrètement, sans un bruit... Après quelques minutes de marche, le commandant s'arrêta, et s'installa derrière un arbre, se cachant pour compliquer la tâche à l'Ecaflip, mais ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il était suivi. Yut s'approcha alors de l'arbre où se cachait le commandant, toujours aussi discrètement, afin de le surprendre par derrière.

 

Une fois suffisamment près, Yut sortit ses griffes pour les approcher de la gorge du commandant, mais derrière l'arbre, il ne trouva rien d'autre que des champignons, avant de recevoir un coup sur la tête, et de perdre connaissance.

Echec ou Réussite ?

 

 

 

Yut se réveilla sur la paille qui lui servait de matelas, pansé, et affamé. Il ne s'avait pas pourquoi il était de retour ici... 'Avait-il réussi ? Ou allait-il retourner sur la potence ?' Cette question le tourmentait, il se leva de son lit de fortune, et alla jusqu'au barreaux. Les questions défilant dans son crâne, jusqu'à ce que le commandant rentre dans la prison en hurlant, bien éméché : « Tu dors encore chaton de mes deux ?  Allez debout connard ! Ton entraînement n'est pas fini ! » Avant de constater que le jeune Ecaflip se trouvait debout devant les barreaux. «Ah ! Bah voilà ! Ahahahah tu a dormi quelques jours après le coup que je t'ai mis sur la tronche ! Tu devais vraiment être épuisé ! Tu as réussi à survivre, et en plus tu m'as trouvé alors que je venais à peine de rentrer, soit tu as eu de la chance et je suis passé devant ton campement, ce qui ne m'étonnerait pas, soit tu m'as suivi depuis l'entrée de la forêt ? Mais du coup, jesuis curieux, comment a tu trouvé l'entrée de cette forêt? Hmm ? Je t'avais pourtant emmené assez profondément pour que ce soit difficile.» 

 

L'Ecaflip expliqua alors : « Je... J'ai découpé avec mes griffes une partie de la couverture de la dragodinde, que j'ai jeté, une fois entré dans la forêt, la recherche ma pris une semaine complète, mais j'ai trouvé l'avant dernier jour, il m'a suffi de vous suivre par la suite, mais, vous m'aviez repéré, car quand j'ai essayé... » 

 

Le commandant lui coupa la parole : «Quand tu as essayé de me tuer ? Ahahah ! Tu ne cachais pas tes intentions ! En réalité je ne savais même pas que tu me suivais depuis mon entrée dans la forêt, je ne t'ai senti qu'une fois ton intention de tuer révélée, je n'ai eu que peu de temps avant de grimper à l'arbre pour te surprendre par-dessus. Puis je t'ai assommé, mais j'y suis allez un peu fort. Ahahah ! Bien, et si on allait manger ? Tu dois mourir de faim. » dit-il en ouvrant la porte du cachot. Un repas attendait le jeune Ecaflip dans la cantine de la milice. « Bien, ces deux entraînements finis, tu vas pouvoir commencer tes premières missions, mais il me faut m'assurer de ton allégeance envers Brâkmar. Un espion bontarien c'est infiltré dans la cité, à la recherche d'information, on va organiser ton évasion et faire en sorte que cet espion la remarque, pour qu'il cherche à te rencontrer. Ce n'est pas compliqué, d'après mes renseignements, il observe la milice, donc nous devrions l'appâter sans problème. Ton objectif sera de le tuer. Mange, je t'expliquerais en détail le plan. »

Confiance ou Défiance ?

 

 

 

Le jour de la fausse évasion, un garde approchait de la cellule de Yut, du pain dans la main, à l'intérieur de celui-ci se cachait la clef de son cachot. Il attendit que le garde s'en alla, avant d'ouvrir son cachot, et de fuir le plus discrètement possible. Il réussit à sortir de la prison, passa sans problème les différents gardes qu'il croisa, avant de tomber nez à nez avec l'un des gardiens des cellules, qui le reconnut aussitôt. Il donna l'alerte tout en essayant de poursuivre l'Ecaflip: « Alerte! Un prisonnier s’échappe ! Ne le laisser pas partir ! Il possède des informations très importantes sur notre cité, nous ne devons pas le laisser partir ! »

 

Quant à l'Ecaflip, lui, courrait le plus vite possible, avant de bifurquer dans une ruelle et d'escalader pour atteindre les hauteurs. La garde n'étant pas suffisamment réactive, et le garde trop lent comparé à la vitesse de Yut, il le perdit assez vite.

 

Désormais recherché dans toute la cité, Yut alla se cacher dans son ancienne planque, avant d'être rejoint par un homme qui le suivait de loin, l'Ecaflip sortit tout de suite les griffes, de peur que ce ne soit un garde. « Du calme ! Du calme ! Je suis de ton côté ! J'ai assisté à ton évasion, je ne te dénoncerai pas, rassure-toi ! » Il baissa sa garde face à l'homme, mais n'en relâcha pas pour autant sa vigilance. « Voilà, très bien. On peut discuter calmement, maintenant ? »

 

Yut acquiesça d'un signe de tête. «Pourquoi as-tu été arrêté ? » demanda l'étranger. « Je suis un voleur, j'ai volé des documents importants dans la tour des ordres pour les revendre, mais je me suis fait attraper avant... Et... Ils m'ont... » Observant le jeune Ecaflip : « Torturer ? Oui, vu tes blessures, on s'en doute assez facilement... » Avant de poursuivre « Ecoute, ils ont dit que tu avais des informations importantes sur la cité, ce qui veux dire que tu as pu lire ces documents ? » Le jeune Ecaflip, hésita un moment avant de répondre : « Oui, je les ai lus. » L'homme semblait heureux « Et tu penses que tu pourrais retranscrire sur papier le plus important ? » D'un signe de tête, Yut acquiesça une nouvelle fois. « Parfait, suis-moi, je t'emmène dans ma planque, j'ai le nécessaire d'écriture là-bas. » dit-il en attrapant l'Ecaflip par le bras et le trainant jusque sa planque.

 

Quelques passages de rue et gardes plus tard, ils arrivèrent enfin à la planque de l'homme. « Nous y voilà ! Tiens, installe-toi, je t'amène le nécessaire d'écriture ! »

 

Yut attendit le matériel, avant de recevoir sur les genoux un parchemin vierge, une plume, et un encrier. Il hésita un peu avant d'écrire avant de demander « Et comment je peux te faire confiance ? Qui me dit que ce n'est pas une méthode pour me faire avouer des choses et rendre mon exécution plus facile ? »

 

L'homme hésita quelques secondes, puis il rétorqua : « Ecoute, je suis un espion bontarien, je suis ici pour récupérer des informations sur la cité, si tu m'aides, je t'aide à partir d'ici, et je peux même t'avoir une place dans la milice de Bonta ou t'aider à trouver un boulot sympa. Regarde, si tu ne me crois pas, voici mes ailes ! »  affirma-t-il, en montrant ses ailes bontariennes.

 

A la vue des ailes, le jeune Ecaflip se mit à sourire, son regard apeuré se changea en des yeux vides de sentiments, de peur, il attrapa la gorge de l'Espion, enfonça ses griffes dans son cou, avant de lui arracher le pharynx, ainsi que le larynx, se vidant désormais de son sang, sans possibilité de survivre, ses yeux, montraient la terreur vécue dans ses derniers instants.

 

Yut récupéra le corps de l'homme, quelques documents, et le traina jusqu'au pied du commandant, l'attendant à la milice. Le regard des deux hommes se croisèrent, et le commandant esquissa un sourire.

Les missions...

 

 

 

A la suite de cet événement, Yut continua les missions pour le commandant pendant quelques années, ce qui lui apporta énormément d'expérience, lui permettant de mentir et manipuler à sa guise, faisant de lui un expert en infiltration, avant d'être officialisé, et d'enfin pouvoir se proclamer brâkmarien. Cette officialisation signant le début de ses opérations hors de la cité pourpre. D'ailleurs, vous saviez que Yut ne savait toujours pas lire, ni écrire ? Il n'a pas appris lors de son apprentissage pour devenir un voleur, et ce n'était pas vraiment la priorité pour le commandant. Enfin bon, je m'égare encore... Reprenons.

« Te voilà officialisé, désormais je peux te donner ta première mission en extérieure, j'ai confiance en ce que je t'ai appris, ne me déçois pas ! Ce que je vais te donner à faire, risque de te prendre du temps. Prend cette liste de nom, ce sont toutes les cibles que tu dois abattre, d'accord ? »

 

 

 

 

Yut attrapa le parchemin, avant de dire : « Mais… Je ne sais pas lire commandant ! » Ayant oublié ce détail, le commandant éclata de rire, avant de répondre : « Ahah, oui c'est vrai ! Tiens, prend cette bourse, rend toi à la bibliothèque de Brâkmar quand tu voudras, je connais une Eniripsa qui pourrait t'aider, son nom c'est Azamuele. Tu devrais la trouver facilement, normalement. Amuse-toi bien ! Ahahah » Puis se retourne et laisse pour la première fois l'Ecaflip aller à sa guise.

 

Depuis des années, celui-ci n'allait que là où le commandant lui disait d'aller, là, pour la première fois, il avait le choix d'aller à cette bibliothèque, ou non, et d'ensuite aller où bon lui semble. Le commandant n'a pas jugé nécessaire de lui dire qu'il serait bien de donner des nouvelles sur l'avancement de la mission, puisqu'il y'a de grande chance que Yut le fasse de lui-même. Du coup, Yut, s'est-il décidé à aller à la biblio... Que fait-il... Je rêve ? Il commande à manger ?

Ahem, pardon pour ce contre-temps. Après quelques heures à se décider, Yut pris la direction de la bibliothèque de Brâkmar. Une fois devant celle-ci, il entra en criant le nom d'Azamuele comme un idiot, avant de se recevoir l'angle d'un livre dans le crâne. « Ferme-la ! On ne gueule pas comme ça dans une bibliothèque ! » hurla une femme légèrement en colère. Yut s'excusa, avant de lever les yeux et de constater que son interlocutrice était une Eniripsa. « Ah, heu, bonjour, je cherche une certaine femme du nom d’Azamuele ».

La suite, prochainement.

Un fâcheux oubli...

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