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Liziele

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Miercolidor 25 Maisial 624. Ce fut ce jour-là, dans une petite maison de la Forêt d’Amakna, que Liziele vit le jour. C’était une journée des plus normale, la vie suivait tranquillement son cours dans le Monde des Onze. Rien ne semblait la destiner à un avenir comme celui qu’elle allait vivre.


Chapitre un : Éveil.

En 634, alors âgée de dix ans, elle commença son initiation aux préceptes des dieux, en rejoignant les disciples du Grand Chronomaître, le dieu Xélor. Ce choix lui vint naturellement lors d’une visite au Village d’Amakna. Elle fut instantanément attirée par les mécanismes et rouages du Temple Xélor et fut de suite intéressée par les préceptes du dieu, se découvrant même une fascination pour le fonctionnement de l’Horloge Divine.


Les débuts ne furent pas simples, la magie du Temps étant un art dangereux et très subtil. Elle se retrouva plus d’une fois à se perdre dans des distorsions temporelles, ou bloquée dans des paradoxes des jours durant. Elle finissait cependant toujours par revenir, notamment grâce à l’aide Maitre du Temple Amine, un des meilleurs disciples du dieu Xélor.

Elle pouvait aussi compter sur le soutien de sa mère, mais surtout de sa jeune sœur, Liniele, étant âgée de deux ans de moins qu’elle. Quant à son père, il était décédé en l’an 626, peu après la naissance de Liniele.

Liziele et Liniele n’étaient pas sœurs pour rien : inséparables, elles passaient le plus de temps possible ensembles, faisant la joie de leur mère. Liziele était toujours très protectrice envers sa petite sœur, et cette dernière le lui rendait, l’aidant pour tout et rien et l’admirant constamment, surtout depuis qu’elle avait commencée son apprentissage.

Ainsi se déroulait l’enfance de Liziele, vivant paisiblement. Du moins, jusqu'à ce jour de l’an 636…

 

 

 

Le Satuerdor 25 Flovor 636 se devait d’être un jour important. En effet, c’est ce jour que la déesse Pandawa était annoncée comme introduite au Panthéon. C’était un grand changement pour tout être vivant, le Monde des Onze devenait le Monde des Douze.

Pour Liziele, c’était aussi une journée un peu spéciale. En effet, tous les Maitres de Temple avaient accordé une journée libre afin de pouvoir assister à l’arrivée des Pandawa en Amakna, notamment grâce a l’ouverture du pont reliant le continent à l’Île de Pandala.

Cependant, elle avait préféré passer la journée chez elle afin de profiter du temps en famille.

À cette période, la guerre entre les Cités de Bonta et Brâkmar faisait rage. Depuis quelque temps, des avis de recherche sur des Brâkmariens en fuite circulaient dans la région. Ils étaient recherchés pour de nombreuses violences et meurtres envers aussi bien des Bontariens que des personnes neutres au conflit. Peu de zones étaient sûres en dehors de la ville d’Astrub, et les Brâkmariens n’hésitaient pas à liquider quiconque les bloqueraient.

« -Maman, dit, je pourrais devenir une disciple de la Déesse Pandawa tu penses ? demanda Liniele à sa mère.
-Bien sûr Liniele. Si la Déesse a été acceptée au Panthéon, c’est que les autres Dieux la juge capable de former beaucoup de monde. répondit-elle.
-Une Déesse qui boit de l’alcool pour devenir plus forte, on aura tout vu. intervint Liziele.
-Oh ça va hein, tu peux parler avec tes bandelettes partout sur toi. Moi, je cracherai du feu comme un dragon !
-Seulement si tu ne tombes pas ivre-morte avant.
-Hahaha, j’ai hâte de voir ça !
-En plus, tu n’as pas encore dix ans, tu ne peux pas démarrer la formation.
-Bah d’abord, mon anniversaire, c’est demain ! J’suis sûre que tu l’avais oublié !
-Moi oublier ? Les Xélors n’oublient rien, surtout pas ce qui touche au temps.
-Pff, j’suis sure t’es qu’une menteuse.
-Mais non ma chérie, je suis sure que t’as sœur n’avait pas oubliée. Pour l’occasion, on ira au Temple Pandawa à deux et on passera au Village t’acheter un gâteau en revenant pour le manger ensemble au soir.
-Ouai ! Trop bien, merci maman ! s’exclama Liniele en se jetant dans les bras de sa mère. »

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Nuit du Satuerdor 25 Flovor 636

Alors que la nuit filait paisiblement, Liziele se réveilla. Il était minuit passé. Elle n’avait pas besoin d’horloge pour le savoir. S’il y avait des gens qui n’avaient pas besoin de cela pour savoir l’heure, c’était bien les disciples de Xélor. Alors qu’elle s’apprêtait à se rendormir, elle fut attirée par un bruit à l’extérieur, comme un vrombissement. Elle se leva et jeta un œil par la fenêtre à l’étage afin de vérifier.


À cet instant précis, elle vit fondre sur la maison une salve de flèches explosives illuminant le ciel sombre. Elle eut à peine le temps de s’accroupir lorsque celles-ci se fracassèrent sur le toit de la maison, détruisant celui-ci et faisant trembler l’intégralité de la structure. En à peine quelques secondes, la fumée envahit toutes les pièces de la maison. Il devenait difficile de voir et de respirer. Liziele courus alors vers la chambre de sa sœur. Elle la croisa avec sa mère dans le couloir.

« -Maman !! cria Liniele en pleurant.
-Sortez dehors les filles ! Vite, courez ! s’exclama leur mère en tentant de se protéger des fumées. »

Une autre salve de flèches retentit à nouveau, détruisant un peu plus l’habitation et faisant trembler la terre. Elles se dirigèrent vers l’escalier afin de se rendre au rez-de-chaussée et de sortir de la maison. Liziele passa la première suivit par Liniele et sa mère. Alors qu’elle venait d’atteindre le bas de l’escalier, les deux autres étaient encore à mi-chemin.

Une troisième salve frappa. Sous le choc, l’escalier s’effondra et l’étage suivi, tombant sur les trois femmes. Liziele fut plaquée au sol par les débris. Elle paniquait, tentant de vérifier ce dont il advenait de sa mère et de sa sœur. Elle parvint à s’extirper des décombres en rampant de toutes ses forces. La chaleur était insupportable, toute l’habitation était en feu, la fumée et la chaleur brûlaient les poumons, asséchaient la gorge, irritaient les yeux et affaiblissaient le corps. Lorsqu’elle pu se relever, elle lança un regard derrière elle. Son cœur se serra, les larmes montèrent aussitôt. Elle vit sa mère, inerte, une des poutres en travers du torse. Elle voulait hurler comme jamais, mais le manque d’air l’empêchait de produire un tel son. Liniele était entre les deux, à plat ventre, une énorme planche sur le dos. Liziele courut vers elle et l’extirpa non sans difficulté. Elle était inconsciente. La jeune fille prit sa sœur dans ses bras et continua de se diriger vers la sortie, jetant un dernier regard sur sa mère qui n’avait toujours pas bougée. Elle se retourna en pleurant, tentant de se sauver ainsi que sa sœur. Elle arriva enfin à la porte d’entrée, après ce qui lui paraissait une éternité. Celle-ci, déjà à moitié détruite, ne fut pas difficile à traverser.

Arrivées dehors, Liziele tomba à genoux et allongea sa sœur devant elle. Elle tentait de reprendre difficilement sa respiration, tandis que la maison continuait de brûler et de s’effondrer petit à petit. Elle regarda autour d’elle rapidement. Deux autres habitations non loin de là étaient dans le même état. Elle tentait de comprendre ce qu’il se passait. À travers les flammes et les décombres, elle aperçu de l’autre côté les bannières blanches de Bonta. Les Brâkmariens qui étaient recherchés depuis quelque temps devaient se trouver dans une des autres habitations.

Liziele se retourna alors vers sa sœur. Dans la panique, elle ne s’était pas aperçue que celle-ci avait une plaie béante sur le flanc droit. Ses propres bandelettes étaient imbibées de sang. Elle déchira une partie de ses dernières afin de tenter de retenir l’hémorragie.

Alors que les salves de flèches avaient cessées, à travers le crépitement du bois et des décombres qui tombaient, un ordre retentit au loin : « Soldats ! En avant, marche ! ». Les soldats avançaient en direction des habitations. Ils étaient précédés par celui qui semblait être le chef de l’attaque. Il était difficile de voir clairement qui était cette personne. Cependant, Liziele distingua vaguement la forme d’un panache sur la tête de l’homme. Elle en déduisit qu’il devait s’agir du Général Andris, l’intendant de Bonta, un extrémiste connu pour vouloir la destruction totale de Brâkmar et qui n’hésitait pas à employer des moyens peu orthodoxes pour arriver à ses fins. Ne connaissant pas les intentions des soldats, Liziele prit doucement sa sœur dans ses bras et partit dans la direction opposée. Elle ne savait pas vers où elle allait, mais elle savait qu’il fallait partir de cet endroit.

Alors qu’elle marchait dans l’obscurité de la nuit, tout se bousculait dans sa tête. Elle revoyait chaque image, chaque seconde. Le corps inerte de sa mère revenait en boucle, lui laissant le cœur lourd. Les ombres des soldats qui s’avançaient vers les habitations en ruines. Chaque pas lui demandait un effort supplémentaire. Elle était exténuée, mais elle ne pouvait pas s’arrêter avant d’avoir trouvé de l’aide.

Après environ une heure de marche, Liniele ouvra les yeux.

« -Lizi … elle est où maman ? … demanda-t-elle d’une voix très faible.
-Elle … Elle est partie … chercher ton gâteau … répondit-elle, les larmes aux yeux. »

Liziele s’agenouilla et allongea sa sœur au sol. Liniele leva lentement son bras droit vers le visage de sa sœur.

« -Pourquoi … tu mens ? … dit-elle. »

Son bras retomba doucement et elle ferma les yeux. Liziele prit sa sœur par les épaules et la serra contre elle, pleurant comme jamais auparavant. Elle se sentit partir, fatiguée. Tout devint flou. Elle perdit connaissance.

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« -Eh, viens voir ici ! J’ai deux gamines là ! dit une voix d’homme.
-Putain, la p’tite est bien amochée. La plus grande un peu moins, mais elle respire. On en fait quoi ? répondit un autre homme.
-Laisse la petite ici, on vend pas les cadavres. Embarque l’autre et on rentre à Brâkmar. »

Liziele sentit se faire soulever du sol et allongée sur une planche. Elle entendit un claquement de fouet puis se sentit bouger. Elle devait être dans une charrette.
 

Chapitre deux :

Point de non-retour.