Enalynne, l'âme d'Enayar

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Grand Maître depuis 637, son Alter-Ego Enayar dirigeait le Clan d'une Main de Maître. C'était bien avant qu'Enalynne n'accepte de porter le poids de son âme, sa mémoire, mais pas celui de ses ailes, il lui faudra presque six longues années et un long combat solitaire pour ce faire. Les Selenytes sont devenus tellement discrets qu'on les croyait disparus.

C'est en fraouctor 648, qu'elle a décidé de redonner vie au Clan... Le sursaut des rappelés ne durera même pas six mois...

C'est enfin depuis 650 que ses efforts commencent à payer secondée par un ancien et du sang neuf !

Enayar

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Enayar est né de père et de mère inconnus dans le courant de l'année 612... Nul ne sait quelles sont ses origines... 

 

Un matin de printemps un disciple de Féca déjà âgé entendit un gazouillis qu'il ne reconnut pas.

Il vivait en marge de la société, loin des villes et jouissait d'une tranquillité qui le pesait parfois. Sans doute ravi de voir ses habitudes perturbées par un événement imprévu, Il chercha la source du bruit...

Il provenait d'un panier d'osier déposé sous un arbre. A sa grande surprise il y découvrit un nourrisson vêtu d'une brassière brodée au nom d'enayar sans majuscule et c'est ainsi que le nomma le vieux sage dont l'histoire tait le nom.

 

Après avoir fouillé le panier dans tous ses recoins, n'y trouvant que quelques piécettes, il comprit que le petit bout d'homme avait été abandonné sciemment. L'enfant ouvrit de grand yeux noisettes et le gratifia d'un sourire, ce fut assez pour conquérir le coeur devenu sec du viel ermite. 

 

Il lui enseigna les rudiments de l'art de devenir Féca. Lorsqu'il atteignit une quarantaine de cercles et l'âge de onze ans, Il l'encouragea à parcourir le monde en ne lui donnant que quelques sorts et pas le moindre kama...

 

Le jeune garçon apprit rapidement à tuer des monstres de plus en plus fort pour leur arracher des ressources et des kamas. dans les premiers temps, il proposa souvent ses services à la population des villages qu'il traversait en se dirigeant vers Astrub.Dormant souvent à la belle étoire, il mit à profit la provision de bois qui s'offrait à lui dans les branches des arbres. Il parcourru des kamamètre en sculptant de temps à autres quelques bâtons qu'il vendait dans les villages pour gagner sa pitance.

 

Petit à petit le jeune enayar acquit plus d'assurance, les cercles de puissance et les nouveaux sorts s'enchaînant, il  arrachait de plus belles proies aux monstres et cela lui permettait de vivre plus aisément. 

 

A son cent trente-septième cercle de puissance, en joullier 637, alors qu'il venait juste de  convoler en justes noces avec une ravissante Sram qui répondait au doux nom de Jamsta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Agé de vingt-cinq ans, il fit une rencontre qui changea sa vie et celle de son épouse. Une homme revêtu d'une armure de lion leur enseigna les préceptes du mercenariat et à peine quelques jours plus tard, ils postulèrent dans le Clan dirigé par Self-Service.

 

 

Devenu Prêtre d'alignement quarante, portant des ailes blanches, seulement du troisième grade, Il ne commet d'agression sur la communauté brâkmarienne, en général, que si elles se justifient. Dans le genre ne touchez pas à ma femme ou dussé-je en mourir, je la vengerais en vous faisant le plus mal possible. Ne touchez pas non plus à aucun membre de ma guilde et encore moins aux membres du Clan.

Très rapidement, enayar devient un pilier fondateur avant de devenir Grand Maître lors du décès de son chef vénéré qui lui confie le Clan la même année avec le but de le rendre officiel, c'est pour lui que le jeune Féca accomplira cet exploit en juin 638, à peine un an plus tard !

 

 

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Le Grand Maître Dezhâmes 
 


Début fraouctor 637, peu de temps après avoir intégré le clan des Mercenaires D'hécate, le jeune Féca accepta des mains de son vénéré chef mourant, Self-Service, la responsabilité du clan. Il reçut un énorme trousseau de clés lui permettant d'accéder à tous les livres de l'organisation.
Mais ce que Self ignorait, c'était que lorsque son âme fusionna avec l'actuelle relique, fragment de la pierre sacrée renfermant l'essence de Volhe Deuhmort, il lui légua aussi "le Pouvoir".

Le Pouvoir, oui en effet, à l'instant même ou son chef devint le Grand Maître Ethéré, Enayar fut frappé par cette lueur bien plus profondément qu'on aurait pu le croire. Le jeune Féca se demandait comment le corps de Self pouvait ainsi se matérialiser en certaines occasions. Il obtint la réponse d'une façon, tout à fait, fortuite.

Alors qu'il n'était encore juste qu'un Grand Maître à la tête du Clan, il était le seul en dehors de Self à être contacté par l'esprit de Volhe Deuhmort.
Contrairement à Self qui n'en avait retiré que l'éternité, le jeune homme alla plus loin dans ses investigations. Trop loin peut-être, mais il était trop tard pour faire demi-tour !
Lorsqu'il posa ses mains sur l'artefact, la pierre s'éleva entourant le jeune mercenaire d'une aura si puissante et bleutée, qui dura quelques minutes, pendant lesquelles il se sentit aspiré. Pris de vertige, il ferma les yeux un court instant. Le décor qui s'offrait à lui n'avait plus rien à voir avec celui de Terra Amakna.

Il se trouvait au coeur d'une forêt d'ébènes, de quoi enrichir les bûcherons et les mettre à l'abri du besoin jusqu'à la fin des temps. Il y en avait tant qu'il ne pouvait en aucun cas être encore dans le Monde des Douze.

Alors qu'il s'interrogeait, un humanoïde qui le dépassait d'un bon mètre surgit devant lui, l'arme au poing. Dans un geste réflexe, le jeune Féca saisit ses dagues, prêt à combattre s'il le fallait. Le géant émit des sons gutturaux, il semblait affolé. Enayar comprit que ce n'était pas lui qui l'impressionnait, mais bien autre chose. L'homme dont la peau imberbe et violette recouvrait tout son corps, se jeta sur lui armé d'un gourdin. C'était sans compter l'agilité du jeune Grand Maître qui esquiva le choc qui aurait dû lui fracasser la boîte crânienne. Le gourdin l'effleura pourtant avec un étrange son métallique et un flash puissant. Un réseau de quelques fibres bleutées lumineuses semblaient former un écran de force autour du jeune guerrier. Il s'aperçut bien vite que les assauts du géant ne pouvaient pas l'atteindre ! Il rengaina donc ses dagues et chercha à comprendre pourquoi la créature semblait apeurée. Celle-ci se rendant compte du prodige, abandonna sa salve d'attaques et s'enfuit en courant, suivi de près par Enayar.

Quelques mètres plus loin à peine, ils pénétrèrent dans une sorte de grotte ou plutôt un tunnel. À la sortie de celui-ci, le Grand Maître découvrit une multitude de ces humanoïdes. Des hommes, mais aussi des femmes, reconnaissables à leur longue chevelure cyan attachée en une grosse natte derrière leur nuque. Des enfants, parmi lesquels il était facile d'y distinguer les garçons des filles. La peau violette des petits était aussi lisse et dépourvue de poils que leurs pères, les fillettes quant à elle arboraient la même coiffure que leurs mères.

Le jeune Féca fut tiré de ses réflexions par un cri strident suivi de grognements terribles. De plus en plus intrigué et fort de son immunité permanente, il se fraya un passage entre les géants pour comprendre d'où provenait ce cri si déchirant. Quelle ne fût sa surprise de voir une fillette aux prises avec un Panterreur !
(1)

Quelques cadavres d'enfants au corps mutilé jonchaient le sol. Enayar réprima un haut le coeur. Ils ne comprenaient pas pourquoi les géants ne faisaient rien pour sauver les enfants. N'écoutant que son courage, il se plaça entre le monstre et la fillette. Un murmure s'éleva autour de lui, soudain l'un des hommes - peut être le père de la fillette, à moins que ce ne fut son frère, au vu de sa jeunesse apparente -  saisit son gourdin et frappa de toutes ses forces sur la tête de la bête... Enayar remarqua le même réseau de fibres qui le protégeait, lui aussi, lors de l'impact. Le jeune humanoïde fut projeté quelques mètres en arrière et alla percuter de plein fouet le bois dur d'un ébène. Protégé par les boucliers qu'Enayar venait heureusement d'invoquer, il se releva sans trop de mal.
Ainsi le Panterreur, lui non plus, ne pouvait subir les attaques de ces créatures, il ne devait surtout pas faillir, il y avait déjà eu trop de victimes. Le monstre n'aurait aucun mal à les mettre en pièce. Enayar n'était pas du genre à s'enfuir et à laisser quelqu'un en danger. C'était un mercenaire, peut être plus un justicier, en ce moment... L'appât du gain n'ayant jamais été son leitmotiv.

Agile, Enayar esquivait les griffes de la bête qui brassaient l'air. Il portait des coups puissants au Panterreur. L'animal hurlait, chaque fois que la lame entamait sa chair.

Défendant chèrement sa vie, il s'interrogeait du phénomène :

'Où se trouvait-il ? Qui étaient-ils ? Depuis quand ces créatures monstrueuses existaient ?' Tant de questions auxquelles il espérait des réponses.

Epuisé, en sueur et grièvement blessé, le jeune Féca porta enfin le coup fatal sonnant l'hahali de la bête qui disparut sous ses yeux. Enayar écarquilla les siens, il tenait entre ses mains le masque du monstre, c'était donc bien réel. La jetant dans sa gibecière qu'il ouvrit pour y prendre quelques potions qui eurent tôt fait de soigner ses blessures.

Se sentant de suite mieux, il s'approcha des corps des enfants sur le sol, il ne put que constater leur décès sauf pour la dernière fillette qu'il avait arraché des pattes du monstre. Inconsciente mais vivante. Il fit glisser quelques gouttes d'eau de fées entre ses lèvres. Elle ouvrit de grands yeux terrifiés. Il la rassura et lui donna quelques fioles, elle retrouva ses forces instantanément. Se relevant, elle tomba, à genoux, à ses pieds en lui embrassant les mains.

Un peu gêné, Enayar se dégagea en l'aidant à se relever. Il plongea son regard noissette dans les prunelles améthystes de la fillette, la rassurant sur ses intentions pacifiques. Une ombre gigantesque cacha la lueur bleue de l'astre qui brillaient dans le ciel aux teintes oranges.

Le Grand Maître leva les yeux et aperçu un géant pourvu d'une barbe verte. Cette particulière pilosité l'étonna. Non par sa couleur, mais surtout par sa présence. Ainsi ils n'étaient pas imberbes de naissance.
L'homme émit quelques sons caverneux indiquant  au jeune disciple de la déesse Féca de le suivre après avoir serré entre ses bras la petite rescapée, sa fille !

Le jeune Grand Maître suivit la créature, à travers un dédale de grottes, pour arriver dans une vallée à la beauté renversante. Sous la lumière ardente des deux soleils, l'un bleu, l'autre carrément rouge, les cimes des arbres parurent flamber, leurs feuillages violets et brillants la reflétaient. Le grand homme désigna au loin une épaisse brume. Il montra le jeune Féca du doigt, puis de nouveau, il pointa ce qui lui servait d'index vers le brouillard. C'est bien plus tard qu'Enayar en comprendra le sens.

Il observa les mains du géant agenouillé qui tâtonnait la paroi rocheuse lilas. Même à genoux, il dû courber l'échine pour se mettre à hauteur de la ceinture du jeune homme. Enfin ses mains agrippèrent quelque chose qui paraissait presque invisible.


[CLIC ! CLAC ! CLOSH ! SPLASCHHHHHHHHHH !]

Un mécanisme libéra une cascade d'eau limpide et orangée qui se jeta dans le lit asséché d'une petite rivière. Satisfait la créature attrapa Enayar pour le faire traverser sous l'eau et déboucher dans une immense caverne. Lorsqu'ils surgirent de l'autre côté, leurs vêtements étaient parfaitement secs. L'homme qui se tenait aux côtés du jeune Grand Maître n'avait plus rien du géant à la peau violette, c'était un homme dont Enayar ne put déterminer le dieu, il était vêtu comme un magicien dans les livres de contes pour enfants. C'était un enchanteur. Sous ces traits, il prit enfin la parole :

- Bonjour jeune aventurier, je suis le puissant Sagearius, je te remercie d'avoir sauvé ma fille et protégé mon fils. Ton désintéressement devant les richesses que représente le bois d'ébène, ton courage et ta générosité me confirme que tu dois être quelqu'un de bien... Malgré que tu sois en relation avec le fameux Volhe Deuhmort.

Il resta un instant pensif après avoir prononcé ce nom, qui fut à la fois tant redouté et vénéré par tous les mages.

 prenant les mains d'Enayar dans les siennes

- Tu permets ?

Il sembla très concentré, ferma les yeux un instant puis déclara les yeux mi-clos :

- Tu viens du Monde des douze, tout comme le monstre que tu as terrassé. Nous existons dans un monde parallèle, calqué sur ton univers, et là où l'on se trouvait, se situe son domaine qu'il n'a jamais quitté. Il a juste découvert, par hasard, la porte inter-dimensionnelle. Elle est à présent scellée pour toujours, il ne pourra jamais revenir !

Tu es un mercenaire noble, au grand coeur, c'est une vocation pour toi. Juste une différence entre d'autres, ce n'est pas l'appât du gain qui te motive. Tu es arrivé au bon moment, grâce à toi, mes enfants vivront !


Tu dois savoir que dans notre Monde, seules les créatures qui viennent d'un même monde peuvent s'affronter efficacement. Tu as dû remarquer que les coups des autochtones étaient vains. Par contre, s'ils venaient à pénétrer dans ton univers, ils seraient capables de tuer les tiens. Ils ne te toucheraient pas, tu as gagné leur estime. Je vis dans ce monde, sous leur traits, depuis des décennies. La seule fantaisie de mon identité que j'ai voulu conservé est ma longue barbe que tu peux toujours admirer. Dans la forêt des Ébènes, sa couleur est verte ! Regarde son reflet ici, bien qu'elle soit blanche, elle n'en demeure pas moins verte. C'est un effet particulier de ce lieu ! Comme un certain Shamson, d'un autre univers, tenait sa force de sa longue chevelure, je tiens ma magie de ma barbe. Elle me permet de prendre les traits du géant que tu as vu, je dois néanmoins concéder que je perds la faculté de parler. Nos échanges verbaux se font par grognements. Il existe plus d'un millier de sons différents, c'est une race intelligente.

Contemplant le jeune Féca suspendu à ses lèvres, il lui dit sur le ton de la confidence :

Voix rauque et basse


- Enayar j'ai décidé de te faire confiance, tu seras dépositaire du secret permettant de nous rejoindre, alors écoute bien ce que j'ai à te dire.

lâchant les mains du mercenaire

- Suis moi !

Ils pénétrèrent un peu plus loin dans la caverne, là où les parois mauves brillaient de mille feux.

Sur un ton très mystérieux

- Je vais te faire un cadeau en rapport avec ta grandeur d'âme. En ces lieux uniquement, tu seras capable de communiquer avec les âmes de ceux qui ont quitté le Monde des douze et errent à la recherche d'une identité ou de ceux qui se complaisent dans cet état.
Tu as foulé le sol de cette caverne, le dernier à l'avoir fait avant moi était Volhe Deuhmort. Des micro particules de poussières de cette roche lumineuse se sont infiltrées dans ton organisme. Tu détiendras à présent, certains pouvoirs que je t'accorde, tout est consigné dans ce grimoire.


Tendant le livre imposant

- Ne te laisse pas impressionner par sa taille, il ne pèse rien et ne sera visible que pour toi ! Tu n'auras le droit de le consulter que dans la pièce très fermée à proximité de son artefàct sur laquelle veille à présent mon vieil ami le mage, dont tu conserves la relique.

hésitant un court instant, plongeant son regard inquisiteur dans les yeux de son interlocuteur, il prend une profonde inspiration et lui dit :

- Je ne peux t'en dire plus, tu le découvriras par toi même. Cette puissance est telle que je ne peux que minimiser les effets. Un jour, tu seras victime d'une malédiction, un de tes amis te trahira, n'hésitant pas à t'entraîner dans son funeste dessein.
Par tes rêves tu te souviendras de ce que tu aurais dû oublier et peu à peu, tu ne pourras plus jamais oublier, malgré tous les procédés que l'on pourra utiliser sur toi.


Si Enayar ne comprenait pas tout, il restait attentif aux paroles du vieux mage et acceptait son cadeau avec reconnaissance.

Sagearius poursuivit encore :

- Partage ton siège en trois car désormais l'ouverture de la pièce secrète ne se fera que si vous êtes présents tous les trois. A toi de voir à qui tu pourras accorder ta confiance et cette responsabilité. N'oublie pas que tu as à présent le pouvoir de sonder les âmes !

Sortant de sa manche deux flacons, le premier aux couleurs de l'arc-en-ciel et le second à la teinte laiteuse

- Bois ceci à présent ! Par la puissance du prisme des couleurs, tu te retrouveras à ton point de départ. Les premières pages du Livre des Secrets t'indiqueront le chemin pour revenir dans notre univers, tu arriveras par la brume que tu as vue à l'extérieur. Il te suffira d'actionner le mécanisme pour pouvoir pénétrer en ces lieux, si l'envie de me revoir ou le besoin de contacter une âme disparue se faisait sentir. De celui-ci, une gorgée de cet élixir te téléportera directement dans la forêt des Ebènes, tu ne l'utiliseras qu'en cas d'extrême urgence. Ne te laisses pas impressionner par sa forte odeur de khôle.

Le jeune homme remercia une dernière fois le vieux mage, le salua et bu une grande lampée de la liqueur arc-en-ciel contenue dans la première fiole.

Le paysage se dissipa, peu à peu, laissant place à la salle qu'il n'eut aucun mal à reconnaître. À bout de force, il s'écroula et s'endormit à même le sol serrant entre ses bras le Livre le plus précieux qu'il soit.

Lorsqu'il reprit ses esprits, il faisait grand jour, il convoqua le Conseil et leur soumit son idée de nommer encore deux Grands Maîtres. Il prit alors le titre de "Grand Maître Dezhâmes" pour ne jamais oublier !

Ceci ne sont que les événements qui furent à l'origine de son appellation. Bien d'autres péripéties et d'autres pouvoirs se sont greffés depuis, il vous en fera le récit ultérieurement.

[Il est, pourtant, à noter qu'Enayar supporte mal l'alcool, et pour cause, n'importe qui attraperait la migraine dans la même situation. Depuis son aventure dans cette autre dimension, il s'est découvert le don d'entendre les pensées sous l'emprise de substances alcoolisées. Comme il maîtrise encore mal ce pouvoir qui ne semble pas sélectif,  la cacophonie est parfois épouvantable.
Il use cependant de ce stratagème, dans certaines situations... Notamment face à des ennemis, afin de percevoir leurs véritables intentions. Il peut par ce même vecteur s'introduire dans les pensées de quelqu'un comme une sorte de télépathie et permettre à sa cible d'entendre les siennes ou le cas échéant de l'aider à combattre mentalement le.....]


Mais ceci sera pour une autre fois...

(1)A noter que les Panterreurs proviennent de la Dimension Obscure dont le passage n'avait pas encore été révélé. Le mage vivait au fin fond de cette contrée, le village des autochtones, nous ne l'avons toujours pas découvert en 650 et seule Enalynne peut en ouvrir l'accès...

 

 

 

D'Enayar à Enalynne, son âme  
 


En fraouctor 648, Enalynne, l'âme d'Enayar se matérialisa sans un bruit dans la salle réservée aux reliques des Selenytes, elle en fit rapidement le tour, les souvenirs de son cher Féca l'envahissaient. Tout se mélangeait dans sa tête, le présent, le passé, l'avenir.. Plusieurs futurs possibles, en vérité... Elle pouvait imaginer tous les scénarios selon son humeur....

Il y avait à peine quelques heures, en prenant enfin le temps de consulter tous les grands livres du Clan, Enalynne, avait découvert ce parchemin, il était pourtant affiché, bien en vue, "seconde place au concours de récits"... Comment était-il demeuré invisible à ses yeux ?

D'un geste vif, elle l'avait décroché du mur et l'avait emporté pour en terminer la lecture...

En le relisant, sa physionomie refléta moult émotions, tantôt de la tristesse, tantôt de la colère et surtout de la nostalgie...

Le secret était levé alors pourquoi garderait-elle encore le silence sur cette affaire qui avait inexorablement conduit le Grand Maître Deszhâmes au tombeau de verre et l'avait dans le même temps privée de sa jeunesse ?

N'avait-elle pas le droit de révéler toute la vérité ? Tous les détails sordides que Menthane Voulcanos avait omis de préciser ? Tous ces faits sur lesquels Enayar avait gardé le secret, préférant l'emporter dans sa tombe puisque le gouverneur de Brâkmar avait rendu son  tout dernier soupir, il y a fort longtemps.

Il est vrai que le jeune Féca n'avait pas subi les mêmes dommages, personne n'habitait son âme ou voulait en prendre le contrôle. Il avait confié son essence restée pure et ses nombreux pouvoirs à la jeune Fécate qu'Enayar était devenu par la force des choses.

Se mordant la lèvre inférieure jusqu'au sang

- Ainsi un autre Voulcanos avait osé... Il avait révélé au grand jour ce secret enfoui au plus profond du cerveau d'Enayar, de son cerveau, pas du mien ! S'exclama-t-elle à haute voix en oubliant toute prudence...

Mais où étaient passées toutes ces manigances, ces nuits sans sommeil où Enayar et le gouverneur de Brâkmar  avaient lutté côte à côte jusqu'à ce que les Anenthem de la montre ne menacent toute la tranquillité de la cité des mercenaires ?

Menace, même, de rayer le Clan et ses membres du Monde des Douze !

La colère se lisait sur son visage, une colère sourde qui la dévorait, les poings serrés à s'en faire mal, elle tentait de la maîtriser. Il était, sans doute, enfin venu ce moment de révéler les véritables circonstances de l'apparence de mort de l’enveloppe charnelle de celui qui fut un grand chef.

Enalynne n'était plus la frêle jeune fille qu'elle avait été, les années passées dans le corps d'Enayar l'avaient rattrapées, s’additionnant aux siennes... Elle était née en 627 dans l'autre Dimension à présent connue du Monde des Douze, elle avait croisé le chemin d'Enayar alors qu'elle n'avait que 10 ans et cinq années plus tard lui avait consacré sa vie qu'elle lui devait, en 648, elle aurait du avoir seulement vingt-et-un an... Et pourtant... Le demi-dieu Ah Vay Cey s'était acharné sur elle, la privant de la fluidité d'écriture du grand Féca. C'est péniblement qu'elle essayait de retrouver ses souvenirs de cette époque. Elle relut le parchemin, qu'elle copia minutieusement, afin de s'en servir comme point de départ...

 

Voulcanos a écrit:

Il m’arrive parfois de ressentir de la pitié pour vous, jeunes Cyns Selenytes. Vous pensez être à l’aube de quelque chose et vous pourriez même croire qu’encore aujourd’hui vous possédez un quelconque rôle à jouer. Pourtant, vous ne savez rien des réalités et votre passé commun vous échappe ! Quoi ? Qui sont ces malheureux lecteurs voulant déjà me donner tort ? Ma participation à ce concours est purement cordiale : détestant fêter les anniversaires, je veux pourtant m’amuser des Cyns Selenytes qui sont à l’honneur en ce moment.
Laissez-moi donc entamer un récit où vous êtes à la fois les vainqueurs et les vaincus, des forts dominés par une lourde faiblesse !

L’an 639 a été fabuleux, autant pour votre Clan de Mercenaires que pour moi. À l’époque, vous étiez de merveilleux chercheurs de trésors, de véritables maîtres de la scène publique en Amakna. Hélas, il existait un butin que même Enayar, votre défunt Grand Maître, n’avait pas encore jugé sur sa vraie valeur. Il s’agissait d’un Sceptre, un objet sublime sculpté dans du bois d’orme, recouvert d’une fine couche d’or et enfin surmonté d’une superbe gemme entièrement faite d’ambre. En apparence, cet objet méritait de rejoindre vos coffres, à l’identique de toutes ces autres babioles que vous possédiez alors. Pourtant, dans les ténèbres du Continent d’Amakna se dissimulait un danger affreux qui, peu à peu, allait de très près s’intéresser à vous.

Ce mal portait le nom d’Anenthem, et vous aviez déjà éveillé dans leur esprit ténébreux de bien sombres idées. Le Sceptre était à eux… Ou plutôt il « était » eux ! C’est en effet à l’intérieur de ce séduisant objet que se dissimulaient leurs âmes écorchées. Sept frères démons avaient jadis été enfermés dans ce Sceptre pour qu’à jamais soient enterrés les pouvoirs qu’ils exerçaient sur les Rêves.
Votre avidité avait bien vite libéré leur pouvoir, et désormais vous autres les chasseurs étiez devenus les proies de sept créatures à la fois puissantes et déterminées. Dominés à la fois sur le plan stratégique mais aussi sur le plan militaire, vous autres Selenytes aviez bien vite perdu la moindre goutte de combativité. Vous étiez tous endormis, laissés pour compte et très bientôt vaincus.

Pourtant, votre Grand Maître Enayar maîtrisait un pouvoir bien peu commun : il savait sonder les âmes ! Heureusement, c’est lui qui, le premier, découvrit la malédiction qui pesait sur moi, Voulcanos. Les Anenthem vivaient dans la nature, sans entraves, mais ils avaient besoin du Sceptre pour récupérer tout leur pouvoir. Pour une courte période je leur servis de marionnette, réalisant leurs desseins les plus obscurs. Ces démons avaient fait naître en moi de bien sottes idées, plongeant ma conscience dans d’immondes rêves dont j’étais incapable de sortir – car là se trouvait bel et bien leur plus grand pouvoir.
Ainsi manipulé, mon corps était alors entièrement consacré à vous mettre en danger, encore et encore : dès cet instant, le Consulat tout entier s’était ligué contre vous au cours d’une guerre mémorable. Les Anenthem gagnaient en puissance chaque jour et les confrontations étaient sans fin : qu’il était amusant de voir votre cher Pale d’Haddin tenu en laisse par ces démons et manipulé comme un traître à sa cause ! Qu’il était plaisant de voir déferler sur votre demeure une horde de miliciens affreusement guidés par les Anenthem !
Enayar savait au fond de lui que j'étais la clef du problème : curieusement, il m’invita alors à Amakna, en terre neutre, pour marchander le Sceptre contre un possible retour au calme.

En fait, il ne fallait pas s’attendre à autre chose de la part de votre ancien Grand Maître : Enayar avait dressé un gigantesque bouclier entre nous deux et le reste de la foule au cours de ce rendez-vous bien peu galant. La magie d'Enayar avait fait trembler le sol avec une intensité incroyable, et s’il me fallait être une mauvaise langue je vous avouerais que Maures avait passé plus de temps sur les fesses que sur ses pieds à cause de ce séisme !
Bien vite désarmé par Enayar après un bref échange de coups, je fus alors la cible de ses inquiétants pouvoirs. Le Maître Féca auscultait mon âme et voyait bien le jeu des Anenthem, ces démons capables de tisser des rêves étouffants et d’ensuite capturer les corps de leurs victimes. Enayar trouva alors les bons mots pour libérer mon esprit de sa prison de songes et les Anenthem furent mis en déroute, jetés hors de mon enveloppe charnelle.
C’est avec sa détermination et ses impressionnantes capacités que votre leader Enayar résolut une situation désespérée où tout votre clan aurait pu disparaître.

Les Anenthem quant à eux étaient vaincus : privés de leur meilleur hôte, leur pouvoir diminuait au fil des heures, et ne resterait bientôt d’eux qu’un bien déplaisant souvenir ! Pour terminer en beauté, les Démons des Songes invoquèrent "Clavehart", un surpuissant Mage Noir qui pouvait d’après eux nous mener à notre perte. Au cours d’une journée sanglante, Selenytes et Brâkmariens épuisèrent leurs forces pour lutter contre le sorcier infâme. Vous auriez dû voir tout l’effort déployé à ce moment-là ! Clavehart fut vaincu par notre pouvoir collectif et les Anenthem retournèrent dans le Néant, après avoir épuisé jusqu’à leur dernier sortilège. Le Sceptre quant à lui fut brisé, selon le vœu commun d’Enayar et de moi-même. Cette aventure allait entrer dans les livres d’Histoire, ou au moins elle le méritait…

Vous rendez-vous compte que ce Passé vous appartient à vous tous, Selenytes ? À l’époque, les Cyns Selenytes n’existaient pas et pourtant vous possédiez tous au fond de vous une force extrêmement belle, presqu’immortelle ! Vous êtes tous aujourd’hui de nouvelles recrues, du sang frais disposé là pour plaire à vos clients d’Astrub. Vos vraies victoires sont bien anciennes !
Ne croyez pas pourtant que vous êtes ici les « Forts » de l’histoire, non ! Votre force se situe très loin dans le passé, et elle est depuis longtemps enterrée !
Qu’avez-vous accompli dernièrement, Cyns ? Quel miracle pouvant égaliser celui d’Enayar avez-vous assumé de vos mains ces dernières semaines ? « Les Forts dominent les Faibles », hein, et quelle belle jambe cela nous fait à tous ! Le Monde des Douze a besoin d’individus forts, et je peux prétendre les avoir connus en ce monde, dans votre clan, il y a des années de cela !

Je sais très bien que vous vous attendiez à une histoire "où les os se brisaient et où les guerriers s’entretuaient". Pourtant, je vous ai raconté là une aventure bien réelle : ce n’est ni plus ni moins une histoire vraie, tirée d’un passé que vous semblez vous plaire à oublier ! Alors, que vous vous sentiez forts et dominateurs ou bien faibles et soumis, dites-vous bien que vous êtes encore très loin du résultat de vos prédécesseurs !
Enayar vous regarde depuis les cieux, et je suis sûr qu’il attend de vous des exploits prodigieux. Montrez-nous ce que vous valez, Cyns Selenytes ! Je vous souhaite un joyeux anniversaire !

Mentalement, elle remercia quand même  Voulcanos pour ce souvenir qu'elle avait mis des années à retrouver et se fustigea de n'avoir pas ouvert les livres du lieu de résidence de son alter ego - dans lesquels, se conservait une copie de ce récit - plus tôt !

Aujourd'hui était-il trop tard ? Les locaux étaient déserts. Cependant, elle se devait d'écrire la fin de l'histoire, d'une plume rendue malhabile, par le demi-dieu Invhalydhe, ou tout simplement celui nommé dysghraphy, qui la hantait depuis plus d'un demi-lustre.

Ces Dieux ne l'empêchaient pas seulement de se servir correctement de sa main pour rédiger... Cela, même douloureux, elle pouvait facilement l'endurer, mais la difficulté à trouver le mot juste... Elle qui était pleine de verve, la désespérait au plus haut point !

Ce sceptre, ce maudit sceptre !  Brisé, certes, mais à quel prix ? Cela valait-il la guérison de l'âme noire de Voulcanos ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bien sûr que oui ! Enayar ne l'aurait pas voulu autrement... Ce soir là, il avait dû comprendre ce qui allait se passer et c'est avec cette conviction qu'il avait aidé son ennemi et ami.

Il n'avait qu'une parole et jamais il n'aurait voulu y faillir...  Voulcanos se doutait-il des horribles conséquences que cet acte entraînerait ?

Était-il pervers à ce point ? De cela, elle ne pouvait y croire... Pourtant l'esprit tordu du rusé Xelor, la laissait dans le doute...

Elle secoua énergiquement la tête, comme pour en chasser cette idée malsaine, et prit enfin le petit nécessaire à écriture emprunté auprès de la sépulture d'Enayar. C'était avec sa sempiternelle plume de serpiplume et son encre bien particulière, qu'elle rédigerait enfin la fin de son histoire...

Elle songea, mi-blob, mi-gelée, alors qu'un court instant un sourire ironique éclairait sa physionomie : 'Le grand Maître Feca avait des amis, même parmi les ennemis jurés du Clan, Brâkmar, les Roublards, les Pirates... Et jamais aucun de ses membres n'aurait osé l'accuser de traîtrise ! Son âme droite les en dissuadait davantage que cette pensée n'avait, même, jamais effleuré aucun des Selenytes...'

Elle prit une grande inspiration, ferma les yeux quelques secondes. Pour dévoiler, dès leurs ouvertures, un regard dans lequel brillait une étrange détermination et un demi sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres...

Serrant fermement sa plume, elle traça enfin ces quelques lignes, de la haute et fine écriture reconnaissable entre mille, comme hantée par l'esprit d'Enayar :


Lorsque le sceptre s'est brisé, je me suis senti envahi par une irrépressible envie de hurler. Pourtant, je l'ai contenue, nous étions entourés de trop de citoyens et je ne savais pas encore pourquoi mais je pressentais que ce cri donnerait un nouveau souffle aux Anenthem. C'est donc stoïquement que j'acceptais de ne pas rejeter leur mal me promettant d'y trouver un remède...

De retour au quartier général des Selenytes, alors que l'astre de la nuit dévoilait une étrange couleur rousse sur Astrub endormi, je me suis rendu dans l'autre dimension pour y rencontrer mon très vieil ami, Sagearius. Trop rapidement je pris entre mes mains tremblantes, la fiole qui me permettait cet exploit... Trop rapidement, sans doute, elle me glissa entre les doigts et se brisa, répandant son précieux élixir qui fut de suite absorbé par le plancher de bois.

J'étais conscient que pour ouvrir la pièce dépositaire des reliques du Clan, il aurait fallut être trois et j'étais seul... Seulement, c'était sans compter un tout nouveau pouvoir que m'avait octroyé le sceptre maudit, bien maigre compensation en vérité, appelons ça le multiclaunage, en référence à un personnage mythique d'un tout autre monde...


En à peine le temps d'un éclair et au prix de mille souffrances, Enayar sentit son corps se déchirer. Il invoqua ses armures et son bouclier, qui ne suffirent pas à en atténuer les douleurs. Alors en désespoir de cause, il incanta son immunité sur lui-même, en vain...

Si toutefois, il y avait eu quelque spectateur anonyme, il aurait été très effrayé en voyant le corps du grand Feca balloté entre les murs de la pièce, ne cassant rien comme par miracle. Puis, enfin, s'en échappèrent, non pas un, ou deux, et ni même trois, mais sept, comme les démons ! Sept formes jaillirent du poitrail ouvert du Grand Maître Dezhâmes, jamais il n'avait été aussi bien nommé... Ses sept entités prirent apparence douzienne. Leurs silhouettes, à l'identique de la haute stature et attitude du disciple de la déesse Féca. Leurs visages muets, sans aucun orifice, si ce n'est que deux orbites vides se tournèrent vers lui...

Le moment de surprise passé, Enayar ne ressentit aucune peur et d'un petit geste du menton, il leur indiqua la pièce aux trois portes verrouillées, dont il détenait les clés des serrures. C'est ainsi qu'il put ouvrir la voie pour se rendre dans la forêt des Ébènes par une nuit si noire qu'éclairait à peine l'astre orangé...

Aucune créature de cet autre monde n'essaya de le stopper, en quelques minutes, il rejoint la grande cascade. En actionna le mécanisme, pour se retrouver dans l'antre du Magicien. Il y était souvent retourné par la pensée... jamais physiquement, comme la première fois.


Lorsqu'il me vit, ses yeux s'emplirent de larmes, sans que je ne prononça un seul mot... Il connaissait le mal qui m'affaiblissait. Il ne me cacha rien de l'horrible vérité, cette fois nul pouvoir au monde ne pourrait me sauver, j'étais condamné. Il ne me restait sans doute que quelques mois, peut-être quelques années, avec de la chance...  Et ensuite,  toute ma science magique serait perdue à jamais et surtout l'aura de protection du clan.

Si j'étais prêt à rendre mon dernier soupir, je ne l'étais pas en revanche à briser ce sceau, il fallait que je trouve un moyen de conserver mes pouvoirs intacts, même dans le tombeau.

Pendant des heures, des jours, nuit après nuit, le vieux mage et moi même, avions épluché tous les grimoires disponibles, cherchant, en vain, une solution. Je finissais à chaque fois par rentrer  dormir quelques heures, me promettant de revenir bien vite.

Pendant des jours, des semaines pendant lesquelles je m’affaiblissais inexorablement, parfois je chancelais, le corps couvert de sueur, les entrailles dévorées par un feu inextinguible, qui me laissait sans force...

Mon vieil ami se désespérait de découvrir un remède ou une solution. Je lui trouvais un air pensif, trop pensif depuis quelques temps. De temps à autres, je le voyais se mordre la lèvre, serrer les poings, ouvrir la bouche pour parler et le refermer, aussitôt, sans prononcer un seul mot, quel mal le torturait-il ainsi ?

Une nuit, alors qu'il me faisait déguster le premier fruit pressé de la saison, pendant nos ultimes recherches - un peu amer, en vérité, cette année là, mais pas vraiment mauvais - j'avais donc fait honneur à mon hôte en le buvant jusque la dernière goutte, satisfait de voir enfin ses vielles rides s'illuminer d'un sourire.

Je ne savais pas pourquoi, sans doute ce poids devenait-il trop lourd pour lui seul ? Il finit par m'avouer la raison de son tourment :


- Enayar, mon cher ami, je te dois la vie de la perle de mes jours, de ma fille et je ne peux te laisser t'éteindre dans cette souffrance morale qu'est pour toi le devenir du clan. Tu as été investi de ces grands pouvoirs pour tenir les démons  et autres entités à distance. Tu n'es pas affecté dans ton coeur par leurs présences invisibles, juste dans ton corps. Si tu meurs réellement cette magie disparaitra à jamais, plus de flamiche dans les mains des maîtres, plus de perles dorées s'envolant vers l'urne, plus de plume enchantée...
Je dois donc enfin te révéler qu'il existe un moyen ! Saches que tu ne seras plus jamais le même... Tu devras abandonner ton corps d'athlète couvert de cicatrices de tes glorieuses batailles... Tu ne seras plus ce grand guerrier qui impressionnait tout le monde...


Lorsque le vieux mage à la barbe verte s'arrêta de parler, je compris qu'il se faisait violence pour m'annoncer la suite de ce remède, incrédule et tout ouïe, j'étais suspendu à ses lèvres...

il reprit lentement, péniblement, les yeux plein d'eau :

- Ma fille, cette belle jeune fille qu'elle est devenue à présent, te doit la vie... Comme quoi, rien n'arrive par hasard, la vie que tu lui as préservée est ce seul lien qui lui permette de pouvoir accomplir ce miracle et te rendre ta vie...

Je l'interrompis violemment, me levant brusquement en renversant mon verre vide sur la table, il roula vers le bord et se fracassa sur le sol en un bruit assourdissant amplifié par la configuration de la grotte.

- Il est hors de question que j'accepte ce sacrifice, ce n'est pas moi, jamais, je mourrai plutôt que d'enfreindre ma ligne de conduite qui restera à jamais la mienne.

Il me toisa de toute sa hauteur, se leva d'un bond et articula d'une voix très ferme :

- Elle ne mourra pas, n'aie crainte, mais elle ne pourra plus rester auprès de moi, du moins pas physiquement. Elle pourra venir me voir par la force de ta magie mais elle deviendra toi ! Elle n'aura pas d'autres souvenirs de sa vie ici si ce n'est par le biais de ses rêves...

Il s'arrêta un instant, essayant de lire dans mes pensées et poursuivit :

- Quand tu sera endormi dans son corps de femme, je pourrai la visiter chaque nuit et tu n'en garderas aucune trace jusqu'au jour où un événement marquant te rendra la mémoire de votre passé commun et ce jour là, seulement, il te faudra l'écrire !

 


La plume d'Enalynne lui échappa des mains, elle comprit que l'événement déclencheur avait été le parchemin de Voulcanos

Mais elle comprit que ce n'était pas le sceptre qui l'avait miné jusqu'à la léthargie, c'était ce même poison qui avait dévoré Voulcanos de l’intérieur, l'unique morceau qui restait de la montre... le remontoir.

C'était bien Voulcanos qui s'en était saisi avant de l'imprimer sur la main de son ami ou ennemi... Il avait pourtant déclaré haut et fort que de le tuer, lui,  était le seul moyen pour ne pas entraîner Enayar avec lui dans sa tombe... Une dernière roublardise du rusé Gouverneur ?

Ce même remontoir saisi par  d'autres à l'aide d'un tissu et enfermé dans le corps d'un wabbit avant de l'envoyer aux confins des abîmes de cette dimension... Ce remontoir à ne toucher sous aucun prétexte sous peine d'être à son tour possédé... En brisant le sceptre maudit, ils en avaient réveillé la malédiction et activé le poison des Anenthem...

Maintenant qu'Enalynne avait enfin compris, elle se laissa de nouveau envahir par l'âme d'Enayar et sa plume reprit place dans sa main pour qu'elle puisse poursuivre :

 


L'âme pure d'Enayar avait pu supporter ce contact sans faillir, des nuits entières, ils avaient repoussé les démons de Voulcanos. Il savait y faire et ne les laissa pas l'imprégner de leur malédiction, il ne les laissa pas envahir ses rêves, changer sa façon d'être... Les Anenthem ou leurs essences demeureraient à jamais prisonniers de son corps. Cela il le savait et s'ils ne purent pas atteindre son âme pour la pervertir...Il ne put cependant pas empêcher le venin de leur substrat  d'envahir ses veines à la recherche de son coeur, lentement mais sournoisement, inéluctablement le grand Féca se mourrait, du moins en apparence...

Dès lors, il fallait agir très vite, nous étions en 640 et sa fille venait d'atteindre l'age requis. Le très vénérable Mage Sagearius avait passé une partie de la journée à discuter avec cette adolescente qui fêtait ses treize ans et obtenu son accord..



Elle était restée cachée derrière la toile qui dissimulait le fond de l'antre du magicien. Lorsqu'elle entendit les derniers mots que prononça son père et la véhémence avec laquelle le jeune guerrier avait refusé la proposition... Elle écarta légèrement la toile et c'est d'une voix très ferme qu'elle salua le visiteur, aucune crainte ou appréhension ne se discernait dans sa voix aux timbres cristallins :

- Bien le bonjour jeune aventurier, je suis prête à te permettre de transférer ton âme  en lieu et place de ma propre âme tant que je demeurerai consciente... Cependant, dès que le sommeil t'emportera, je reprendrai possession de la mienne et rencontrerai mon père... Jamais tu ne pourras te rendre compte de ce phénomène.
Il est important que tu saches aussi qu'il n'y a pas que ton âme que je recevrai mais également tes caractéristiques physiques. Par cette magie, je deviendrai une disciple de la déesse Féca... Aux yeux de tous je ne serai que l'âme du Grand Maître Dezhâmes, l'âme d'Enayar...

Tu n'as aucun moyen de refuser, tu as d'ores et déjà commencé le processus en buvant la potion que t'a servie mon père... Rassure-toi, je ne ferai pas ça ici, tu ne te souviendras pas de tout ceci, jusqu'au jour où...


Demeuré silencieux de longues minutes, une angoisse soudaine lui dévora les entrailles, 'Alors je vais mourir' songea-t-il... Il se remémora rapidement tout ce que cette si belle jeune fille avait dit... 'C'est trop tard' s'alarma-t-il 'J'ai bu la potion'...

- Je ne voulais pas de sacrifice de ta part ! articula-t-il péniblement... Il leva son regard humide vers le vieux mage...

- Tu n'avais pas le droit de choisir pour moi, je ne voulais pas... Je ne voulais pas... Sa voix s'éteignit peu à peu alors qu'un brouillard intemporel l'enveloppait avec la fille du vieux mage. Elle lui prit la main, elle ne tremblait pas, elle semblait tellement coutumière de cette magie et pourtant c'était son tout premier transfert d'âme...

Nul besoin ici de pierre d'âme, le corps d'Enayar suffirait à contenir ce sortilège jusqu'à la fin des temps...jusqu'à ce que même  le dernier Dofus soit réduit en poussières.

Ils réapparurent dans la salle dépositaire des reliques, la fille de Sagearius prononça une incantation et la pièce entière refléta une étrange lueur cyan, de la même teinte que l'encre du valeureux Féca. Cette aura émanait à la fois de son corps et de celui de la jeune fille qui se métamorphosait afin d'appartenir aux Monde des Douze. Elle devint alors invisible jusqu'à ce que le sort prenne son effet...

Dans la lumière du levant, le jeune Féca détailla les lieux, il ne comprenait pas pourquoi il se trouvait là, que faisait-il dans cette pièce ? Comment était-il entré ? Sa mémoire lui jouait-elle des tours ?

Il était revenu dans les locaux du Clan après qu'Ange eut porté le coup fatal au Gouverneur de Brâkmar. Elle avait été arrêtée bien qu'innocente, il possédait les documents signé de la main de Voulcanos. Il irait demandé audience à Brâkmar dès l'ouverture du Consulat des Tempêtes Pourpres...


 


Quelques mois plus tard, en maysal 640, alors que tout était rentré dans l'ordre, au cours d'une nuit s'acheva le sortilège lancé des semaines plus tôt...

Elle n'avait pas encore choisi son prénom, il était trop difficile de succéder à Enayar, elle existait dans son coeur depuis cette fameuse nuit et bientôt elle pourrait prendre vie...

Elle gardera ses souvenirs, elle ne pourra jamais les oublier, elle admirera les Selenytes comme il les avait toujours admirés... Aura t-elle vraiment le droit de porter les ailes du défunt ? Cela, elle ne s'en sentait pas capable, sa vie, son coeur étaient déjà ailleurs depuis quelques temps...

Elle avait eu la chance de rencontrer son âme sœur alors même qu'elle n'apparaissait que lorsqu' Enayar dormait profondément.

Puisqu'elle avait enfin ressenti son consentement, elle posa sa main fraîche sur le front du grand Féca ce qui eut pour effet de ranimer l'aura cyan qui illumina, une fois encore, toute la pièce. Le Grand Maître Dezhâmes rendit son dernier soupir de conscience et ferma les yeux pour une nuit sans fin.

Respectueusement elle allongea le corps d'Enayar sur une grande table de bois, il faisait à peine jour... Elle s'était détachée de lui, prête à affronter le monde, il ne lui restait que son nom à choisir... Elle le contempla, lui, jadis si fier, allongé inerte, elle avait les battements de son cœur et son souffle... Grâce à lui, elle pouvait vivre !

Elle savait que dans cette maison son enveloppe charnelle serait sacrée, il deviendrait une relique de la naissance des Selenytes.

 

'Il y a pire que la mort' songea-t-elle en contemplant le visage livide de son alter ego 'Tu es enfermé dans ce coma à jamais, mais  de part mes sens tu continueras à percevoir le monde et je te permettrai parfois un court passage dans mon esprit et c'est à la couleur de mes yeux que l'on pourra te remarquer'

Souvent controversé, souvent détesté, souvent admiré... Il avait en tout temps voulu faire preuve d'équité, donnant sa chance à tous. D'aucun ne pourront que dire qu'il fut une période le chef incontesté de cette belle lignée de Mercenaires que furent (sont) les Selenytes.

Il avait toujours dit que le clan ne lui appartenait pas, il avait clamé haut et fort qu'il n'en était pas le chef ! Pourtant il fut contraint de s'incliner devant la demande de ses confrères et consœurs... Ils et elles l'avaient déclaré, seule autorité et cela qu'il le veuille ou non...

Il savait, dès le premier jour, cependant, qu'un jour il partirait, confiant à d'autres le devenir du clan, bien sûr c'était un peu son bébé et de loin, il avait continué à en surveiller l'évolution...

Elle signa le parchemin de l'avis de disparition avec la sempiternelle plume de Serpiplume de son alter ego imbibée de son encre cyan :
 Enalynne, l'âme d'Enayar


Elle quitta la pièce rapidement après avoir affiché le parchemin où les Selenytes avaient pu le découvrir au petit matin.

Ainsi acheva-t-elle d'écrire cette partie de l'histoire d'Enayar, qui n'était pas encore terminée...

Elle croisa son reflet rapidement dans le grand miroir de la salle de détente et ne se reconnut pas, même sous les traits d'une disciple de Féca, elle n'aurait pas dû avoir plus de treize ans et elle était certaine que les douziennes n'étaient pas aussi âgée que lui révélait le miroir...

Elle frémit, se laissant envahir par les pires pensées pour ne plus en retenir qu'une seule. De toute évidence elle avait cumulé les trente année d'Enayar au sien et à présent en 640, elle se sentait dans la peau d'une femme de quarante-trois ans. Son père ne comprit pas et lui envoya un message télépathique lui affirmant qu'il trouverait un remède.  Elle ne porterait pas en plus du fardeau de son âge, le poids de ses ailes et  disparut.

Réactions

Enalynne puisque telle était son nom à présent avait conservé les témoignages des membres du Clan qui étaient venus se recueillir sur ce qu'il pensaient être la dépouille de leur Grand Maître, ce qu'ils semblaient ignorer c'est qu'il n'était pas décédé au sens propre du thème, juste condamné à un sommeil éternel et par la magie de son père, son corps demeurerait à jamais éternel... Elle avait usé du liquide ambré, don de son père lui permettant de voir et relater le cheminement de chacun, aussi des années plus tard, il lui fût aisée de les décrire. 

 

Leexelor  :

Joli récit Enayar, ravi de te revoir parmi nous afin de laisser un tofu toujours si agréable à lire.
(En effet tu as raison de préciser que tu es une femme Hier Aile à la fin de ton récit, je pense que cette précision facilitera la compréhension du récit pour les "nouveaux", car seuls les anciens te connaissent (j'entends par là que nous avons eu l'occasion de te côtoyer et de partager des moments avec toi) et beaucoup de nouveaux sont présents et ne t'ont malheureusement pas connu comme nous te connaissons si bien)

Le vieux xelor revoyait son passé, admirait encore Enayar qui lui avait laissé sa chance pour intégrer le clan et qui fit de lui ce qu'il est aujourd'hui : Mentor. La nostalgie était belle et bien présente.

 

 

Kayna  :

Kayna en s'approchant de l'affichette sentit bizarrement un vent froid lui traversant le corps.
En lisant l'avis de décès, elle ne pu y croire, ne voulut pas que cette nouvelle soit vrai.


Ce n'est qu'en ouvrant la porte et en voyant la dépouille d'Enayar sur la table que la réalité commença à poindre.


Sans un mot, elle s'en approcha et de longues larmes coula le long de ses joues.


Il avait été pour elle un symbole, un exemple à suivre, le fondement de son admiration et de son désir de devenir Selenyte.

 

 

Le-Piaf  :

C'était une journée de printemps, le soleil luisait, les oiseaux chantaient, les fleures dansaient sous l'effet du vent. Malgré la fatigue de la journée dû à son statut, il était heureux de travailler aussi durement pour le clan. Souriant, il entra alors dans une pièce reculée du QG des Selenytes, il n'y allait d'ailleurs que très rarement, mais ce jour là, c'était comme si une force étrange le poussait à y aller.

Il put alors voir sur une table, un corps allongé, sans vie. Enayar était à peine reconnaissable, son visage était sans expression comme si son âme avait quitté son corps avant de mourir. Cependant, il ressentait une sensation étrange, comme si il était encore présent, comme si il rodait encore dans les parages et cela, l'empêcha de pleurer.

Il se saisit alors du parchemin glissé entre les mains du défunt et le parcourut. Tout s'expliquait, son âme n'avait pas encore quitté ce monde, mais seulement ce corps pour en rejoindre un autre.

C'est alors que, malgré la perte de cette figure emblématique pour le clan, il ne pu se séparer de son sourire, heureux qu'elle se révèle enfin et puisse s'épanouir dans sa nouvelle vie qui, il l'espère encore, ne sera pas trop éloignée des Selenytes

 

 

Maures  :

Maures était passée devant la salle où reposait le corps d'enayar à plusieurs reprises, sans se douter de ce qui se trouvait derrière malgré l'atmosphère qui se dégageait de la porte.
Fatiguée mais satisfaite de sa journée, elle ouvrit presque naïvement la barrière qui la séparait encore de la table de bois. Dès qu'elle découvrit la dépouille de celui qui l'avait aidé pendant longtemps, l'Enutrof ressentit une puissante vague venue de ses entrailles. Doucement, elle quitta le seuil et s'approcha du corps.

Telle une fidèle approchant d'un autel sacré, elle s'agenouilla et découvrit à son tour le parchemin déposé en même temps que le corps. Avec étonnement mais satisfaction, la Selenyte reposa avec respect la nouvelle relique, heureuse de ne pas assister à la Fin.
Respectant l'atmosphère qui se dégageait, elle remercia le corps sans s'en rendre compte et quitta la pièce, le pincement qu'elle ressentait depuis son entrée se dissipant et laissant place à une flamme.

 

Pale Haddin  :

Le moindre petit mot de l'avis de décès avait imprégné mon esprit comme jamais. Des souvenirs jaillissaient, des pensées surgissaient, alors que j'étais stoïque face à la porte qui refermait le caveau du grand Enayar. Cet individu, si méritant et si prestigieux, n'avait plus donné aucune nouvelle depuis des semaines. Mais je ne pouvais nullement lui en vouloir... ! Il méritait bien du repos... Après tout ce temps passé au service de Fallanster. Mais pour moi, adepte des cérémonies longues et fastidieuses, je me moquais pour une fois de ces interdits et de ces comptes à rendre. J'avais pour une fois oublié Fallanster et ses principes, les seuls qui pouvaient me dispenser de mes pensées les plus fugaces. En d'autres termes, la Cour m'avait formellement défendu de venir voir une dernière fois Enayar, car "un Mercenaire reste un Mercenaire", ou plutôt, parce que seuls les grands pouvaient être honorés de ma présence, depuis que mon adoubement... Mais...

J'ouvris la porte, décidé à braver ces interdits. Se dévoila sous mes yeux un véritable sanctuaire. Là où une assemblée avait été invitée, le corps d'Enayar gisait devant moi. Il m'était devenu impossible de ne pas venir saluer mon vieil ami, celui qui avait su avec le temps me donner une nouvelle définition de l'héroïsme. J'ai vu ce parchemin, enroulé et disposé dans le creux de sa main. Je ne voulais pas le lire, non. Je devinais déjà quel pouvait être son contenu, loin de tout psaume hasardeux voulant déclamer une tragédie toute neuve. Il s'agissait d'autre chose, digne d'un grand homme comme Enayar. Grand homme... J'étais amusé, en me disant cela devant son cadavre. J'avais deviné depuis un certain temps, je le crois, ce qui pouvait bien se passer dans l'esprit de mon ami. Dès lors, il volait enfin de ses propres ailes, pouvant voguer où bon lui semble. J'étais convaincu qu'il ne s'agissait pas d'un adieu. Les yeux pétillants de Maures, alors qu'elle sortait et que je prenais sa place, m'en avaient convaincu.

De toute manière, quoi qu'il allait advenir, dans n'importe quel contexte et pour la postérité, Enayar était devenu un immortel. Ou une immortelle, peut être... !

Kelenbi :

Blue entra ce matin même devant une porte dont il ressentait une atmosphère étrange en venir. Par hasard il poussa la porte.
Devant lui se trouvait le corps d'Enayar, apparemment sans vie. Blue regarda autour de lui, vérifiant que personne ne le surveillait, et s'approcha du corps. Une fois juste devant, il murmura d'une voie simple :
"Sfvrobn fn tbw vu..."
Puis il revérifia qu'il y avait personne, et laissa glisser une larme le long de sa joue. Il resta là durant de longues secondes, puis ressortit et repartit là où surement personne ne pourrait le trouver.

Le lendemain

Elle s'était levée tard, l'endroit grouillait déjà de Selenytes aussi usa t-elle d'un pouvoir que lui avait laissé son alter ego, un filin invisible semblait leur permettre de se réunir, elle se matérialisa dans la pièce où il reposait.

Elle resta un instant le souffle coupé, Enayar avait été allongé dans un cercueil de verre, son corps ne semblait pas subir les outrages du temps puisqu'en réalité il était endormi.

Enalynne se massa les épaules endolories par le port des ailes de bois, même repliées, très vite, une tâche de sang se dessina sur sa blouse dans son dos, à la hauteur de son omoplate gauche, une autre à droite... La proximité du corps d'Enayar lui rappelait que ces ailes ne lui appartenaient pas, son corps les rejetait la meurtrissant comme un ange déchu....

Il fallait qu'elle les rende à  son alter ego, mais seule, elle en était bien incapable, elle avait besoin d'aide.

Elle ne voulait pas assumer ses fonctions, les Selenytes se débrouillaient bien sans lui, elle voulait vivre par elle même et non pas dans l'ombre de ce grand Maître même si elle en avait hérité certains pouvoirs.

Enalynne savait que le moment était venu de lui rendre ce dernier hommage, elle ne voulait pas d'une grande cérémonie, les épaules en sang elle quitta la pièce à la recherche d'un Grand Maître.

Au fur et à mesure qu'elle s'éloignait de son alter ego, ses plaies se refermaient mais quelques gouttes continuaient de perler de ses blessures.

Elle retenait ses larmes de souffrance, elle devait trouver quelqu'un....

Enalynne-Art

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Peu de temps après son retour en 648, Enalynne modifia son nom en Enalynne-Art, le "Art" étant non seulement une façon de signaler sa qualité d'artiste même si elle éprouvait quelques difficultés à présent, mais également pour la terminaison en "ar" d'Enayar

Il est important d'expliquer avant de poursuivre comment le temps se déroule pour elle de son réveil en maysal 640  à maysal  649...

neuf longues années pendant lesquelles chaque année lui en ajoutait deux, une pour elle, une pour son alter-ego, son père avait usé d'un sortilège encore en test dans sa précipitation et ne s'était pas douté des conséquences sur la santé de sa fille...

Si à treize ans elle en paraissait quarante-trois, à vingt-deux, elle semblait en avoir presque soixante... Jusqu'au jour où... Mais commençons !

Réincarnation !



Alors qu'à l'horizon, le soleil commençait déjà à décliner, Enalynne, dépositaire de l'âme du Grand Maître Dezhâmes se matérialisa dans la salle des archives, encore fermée au public. Pour elle ce n'était qu'un jeu d'enfant depuis que le corps de son cher Enayar y reposait pour l'éternité.

Respectueusement, elle posa une rose sauvage sur la coupole de verre et du bout des doigts, un doux baiser.

A présent que ses souvenirs de son propre passé avaient fusionnés avec ceux du Grand Féca, sa vie était devenue plus facile. Enalynne souleva encore une fois le couvercle de verre du tombeau et entreprit de fouiller la sacoche d'Enayar. La rose sauvage glissait sur le sol lorsqu'elle en extirpa deux fioles. Refermant soigneusement le couvercle, elle ramassa la fleur et la remis à sa place.

Enalynne ingurgita la potion qui lui permettrait une rencontre paternelle en toute conscience. Elle ne s'habituerait jamais à cette odeur de khôle, enfin le goût était passable.


Un flash couleur du ciel en été illumina toute la pièce, pour éviter d'en être éblouie, Enalynne avait fermé les yeux. Quand tout lui parût enfin sombre, elle sourit en soulevant une paupière, elle était dans la forêt des Ébènes, chez elle... Elle en connaissait tous les recoins, surtout des raccourcis inconnus du Grand Maître Feca.

Elle se souvenait de ce fameux jour où une sorte de gros loup bleu était apparu, elle n'était alors encore qu'une fillette... Le temps passait si rapidement dans cette dimension, que quelques années plus tard elle était devenue presque un adulte, une magnifique jeune fille à la peau violette. De son passé, elle n'avait conservé que sa longue chevelure verte retenue en une tresse épaisse, d'apparence bleutée dans le Monde des Douze presque de la même couleur que son encre à vrai dire...


Elle gagna rapidement la grande cascade qui se déclenchait lorsque l'on actionnait le mécanisme. Aussi sèche que lorsque qu'elle avait pénétré sous la chute d'eau, la jeune disciple de la déesse Feca posa un pied dans l'antre du Magicien, Sagearius, son père.

se précipitant vers elle les bras grands ouverts


- Ma chérie, enfin ce jour est venu, tu dois avoir réussi la fusion de vos âmes, il te reste à présent une dernière chose à accomplir !

Sur ces derniers mots, il se dirigea vers un pan escarpé du mur qui renfermait une cache secrète. Ce geste éveilla l'attention d'Enalynne. Il allait certainement se passer quelque chose... Elle connaissait bien son père et c'est là qu'il dissimulait à la vue de tous, ses sortilèges les plus puissants. Elle l'observait pendant qu'il accomplissait un tas de manipulations secrètes, impatiente de voir ce qui allait en advenir.

Sagearius, conscient du regard de sa fille dans son dos, prenait néanmoins tout son temps et à la grande surprise de la jeune fille, il en extirpa une motte d'argile étincelant.


souriant devant l'expression sidérée de sa fille.

- Ma chère fille, ce n'est qu'un vecteur... Cet agile inconnu dans le Monde des Douze est utilisé pour combattre l'infertilité de nos femmes... Ces propriétés magiques sont étonnantes, il me suffit de repenser à ce grand guerrier venu de ta nouvelle dimension...

Il suspendit son geste et sa parole, attendant une réaction de sa part. Médusée, elle ne bougeait pas. Elle essayait de comprendre où son père voulait en venir. La seule chose qui semblait avoir attiré son attention dans ce long discours était la capacité de l'argile à aider les femmes à procréer.

rougissante, presque timidement, hésitante elle s'exclama :


- Mais enfin...  je... je n'ai jamais dit que je voulais un bébé !

avec un grand rire sonore :

- Ce n'est pas non plus ce que j'ai dit... Je ne t'ai pas proposé de devenir mère, non, c'est un peu plus compliqué que cela. Par cet artefact que j'ai fabriqué après de longs siècles de recherches. En l'alliant à ce tas d'argile, je vais te confier un disciple à l'effigie de ce grand Homme...

Tu devras l'entraîner jusqu'à ce qu'il soit capable de porter la  cape que ton sauveur arborait ce fameux jour. Sans en connaître la raison, m'accordant sa confiance, il l'a conservée à ma demande. Ce jour là, tu trouveras l'Ortiz dans son coffre dont tu partages la combinaison. c'est ainsi qu'il la nommait, si mes souvenirs sont exacts. Tu la remettras à ton élève avant de revenir ici !


rapidement il ajouta :

- Non, tu iras attendre un signe de ma part devant le passage qui sépare nos dimensions, le cercueil de verre détient ce pouvoir depuis qu'il est habité par le corps du Grand Maître Féca.

De plus en plus surprise, sa fille reçu de ses mains, une motte de cet argile aux propriétés si magiques et un parchemin, elle le regardait sans comprendre.

- Rentre à présent dans ce monde qui est devenu à jamais le tien. Accomplis ta tâche et surtout suis bien les instructions du parchemin... Tu auras besoin de ça aussi... Attention une goutte suffit !

Le vieux Mage tendit à sa fille un minuscule flacon renfermant une liqueur dorée. Enfin, il lui recommanda de boire la potion du retour... Intriguée, elle l'embrassa puis s'exécuta sans plus attendre.

Se matérialisant de nouveau près du Grand Féca, elle déroula le parchemin écrit dans le dialecte de la forêt des Ébènes. A priori, elle n'en avait pas oublié le moindre mot. Pendant plus d'une heure au chevet d'Enayar, minutieusement elle accomplit le rituel...

Pour conclure le processus, elle glissa une goutte de l'élixir doré entre les lèvres du Grand Maître Dezhâmes et termina par en verser une aussi sur la motte d'argile dans laquelle son père avait implanté un fragment de sa découverte.. Aussitôt elle se mit à s'allonger, s'étirer, se modeler... jusqu'à devenir un disciple du Dieu Féca aux couleurs de celui qui reposait dans le cercueil... Son sosie en tous points, il ne lui restait que l'expérience à acquérir jusqu'au cercle requis pour porter la cape traitée pendant des années par le vieux Mage dans ce seul but.

Pendant une douzaine de jours, le rendant sage à l'extrême par son enseignement et certains équipements envoûtés, elle l'avait emmené par monts et vallées afin de l'entraîner à combattre les créatures de Terra Amakna.

Le jeune homme avait bien grandi, il n'était plus la fragile enveloppe charnelle que lui avait confiée son père avec une jeune âme qui avait tout à apprendre. Elle l'avait envoyé réaliser quelques quêtes à Incarnam pour l’aguerrir avant de l'inviter à combattre et découvrir une partie du Monde. Patiemment jour après jour, elle avait préparé cette jeune âme à accomplir son destin.

Il avait enfin atteint le cercle requis, C'est avec une grande fierté qu'elle lui avait remis cérémonieusement  la cape de son alter ego... Celle qu'il portait le jour où il avait épousé la cause du Mercenariat.

A présent, il lui fallait rejoindre son père afin de sceller la fin du sortilège, ce qu'elle fit sans attendre... Se téléportant auprès du corps d'Enayar, elle s'empara de nouveaux des deux flasques qu'elle avait rangées dans sa gibecière.  Alors qu'elle allait boire la potion à toujours aussi forte odeur de Khôle... Elle hésita... Ce n'est pas ce que son père avait préconisé. La jeune fille fut arraché à ses pensées par un parchemin venu d'on ne sait où qui apparut dans sa main... Elle le lut, sourit et repartit chercher son petit protégé...

Le temps était venu, par les pouvoirs qui le rattachait, lui aussi, à la dépouille du Grand Maître Féca, il put la suivre dans un sort de teleglyphe.

Elle le regardait gravement et d'une voix devenue rauque par l'émotion, elle lui demanda d'approcher près du tombeau ouvert.


par surprise

Elle saisit une fiole qui ne se trouvait pas là une minute auparavant et en versa tout le contenu sur la tête du jeune homme. Puis elle lui demanda de s'allonger pour que ce soit plus facile et après tout un long rituel secret, elle glissa entre ses lèvres la goutte d'élixir doré.

La pièce fut plongée dans le noir, on ne distinguait que les lèvres devenues lumineuses des deux grands Féca, Soudain un filet bleu cyan fluorescent s'échappa des lèvres closes  du premier pour entrer dans celles entrouvertes du jeune disciple.

Enalynne acheva le rituel et prononça les ultimes mots qui feraient de lui un être à part entière recelant, comme elle, toute la mémoire d'Enayar dupliquée et fusionnée avec une autre âme, une nouvelle fois.

Il aurait pu porter le nom de Enayar-Soul puisqu'il en était l'âme, dans un autre langage.. mais c'était un peu risqué... De là à le comparer à un poivrot, il n'y avait qu'un pas, elle le nomma donc :

 

Enayar-Memory

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Enayar-Memory, la mémoire d'Enayar, ce qui équivalait à son âme...



Comme son prédécesseur il fut investi de grands pouvoirs, certains même qu'Enalynne ne soupçonnait pas et qu'elle ne possédait pas. L'âme d'Enayar, toujours aussi pure venait de se réincarner !

A présent, alors qu'elle observait son disciple la larme à l'oeil, elle reçu de nouvelles instructions. Le jour de son cent-trente-cinquième cercle tout comme le Grand Maître des âmes avait épousé une noble cause, il serait admis à écrire son nom sur la liste des membres du Clan jusqu'à ce que ce dernier soit de nouveau composé de plus de trois membres.

 

Quelques jours plus tard, alors que la jeune femme avait posé une urne dans une toute nouvelle salle du Clan... Il avait pu inscrire son prénom à la suite de celle qui partageait, non seulement, la même âme mais aussi une partie de la sienne. Enayar, Enalynne et le petit Memory partageaient entre eux tous leurs souvenirs et permettaient ainsi au corps du Grand Maître Dezhâmes de reposer en paix...

Ce nom choisit à l'époque par le vieux Mage et lui-même n'avait rien de fortuit, étant donné qu'à présent il recelait trois âmes dont il pouvait suivre toutes leurs évolutions au delà de la tombe...

Cette trinité, puisque c'en était une, n'avait fait qu'attiser la convoitise d'une autre âme qui guettait dans l'ombre la moindre défaillance à sa pureté originelle...


Avec Respect, Enalynne referma le couvercle de verre et une fois encore y déposa une rose sauvage et un baiser du bout des doigts. Dans le plus Grand silence, Enayar-Memory fit de même...

Il repartirent ensemble afin de parfaire son éducation à présent qu'elle l'avait autorisé à entrer dans les locaux du Clan, il devait s'en montrer digne et apprendre rapidement à saluer.

Ce matin là, il s'étaient levés très tôt pour se rendre dans le donjon des Forgerons afin d'y rencontrer un Maître du Salut. Il n'avait pas fait trois pas à l'intérieur que des bandits leur barrèrent l'accès... Pour progresser de salles en salles, ils durent se battre et vaincre...

Comme ils avaient gagné le respect de leurs adversaires, Le Maître du salut ne put qu'enseigner sa technique au jeune Enayar-Memory qui devenait enfin digne de suivre les traces de son prédécesseur.

 

Métamorphose

 

Cela faisait des mois à présent que ce phénomène s'était produit, Enalynne ne se l'expliquait toujours pas... Elle avait pourtant suivi à la lettre les instructions de son père et pourtant 'Mais comment est-ce possible ?' songea-t-elle lorsque son regard se posa sur l'artefact censé receler l'essence de Volhe Dheumort et celle de son vénéré Grand-Maître Ethéré...

 

Sa forme l'intriga en premier 'Pourquoi n'est-elle plus sous la protection de la lune ?' se demanda la Grand Maître Dezhâmes...

 

En effet, la relique qui trônait en lieu et place de celle apparut en 637 était d'une forme des plus communes, avec crainte et respect Enalynne s'en saisit... Elle ne ressentit aucune émotion... 'Mais que s'est-il donc produit ?'

 

A contre coeur, elle eut recours à un procédé qu'elle utilisait bien rarement mais l'heure n'était pas aux tergiversions... Entré par l'unique fenêtre, un rayon de soleil pâle jouait dans sa chevelure encore libre de toute entrave pour l'iriser de reflets verdoyants... Sous cette lueur très matinale, la disciple de Féca s'empara d'une fiole qui contenait un breuvage ambré si fortement alcoolisé, qu'une seule gorgée suffirait. 

 

Violemment, son esprit se sentit aspiré par le fétiche où seule l'essence de Self Service investissait les lieux... Celle de Volhe Dheumort avait juste disparue mais celle de Self service avait alors acquise bien plus de puissance et s'était étendue de jours en jours, changeant la forme de la pierre d'origine.

 

'Non c'est autre autre chose ! Et bien plus grave' Des images passèrent devant ses yeux presque clos, elle devaient se rendre à l'évidence... A force de cohabiter avec celle du puissant sorcier, l'esprit du Grand Maître Crâ était devenue tellement puissante qu'elle avait pu investir un autre artefact en tout point semblable demeurée vide si longtemps 'Mais Pourquoi et comment ? Où se trouvait donc la véritable relique ?'

 

Le flash d'une conversation du passé la frappa de plein fouet, l'artefact à l'effigie de la lune avait été dérobée et demeurait, à ce jour, toujours disparue contrairement à ceux que les Selenytes avaient pensé à l'époque... Elle comprit aussi la raison de l'appétit sanguinaire du Mage noir puisque plus rien ne le retenait si ce n'est la Salle des Archives dont il s'évadait de temps à autres perdant alors en vitalité, il se sentait obligé d'y revenir à chaque fois.

 

Cette affaire dépassait largement le contexte de la métamorphose qui frappait son disciple Enayar-Memory, qui du jour au lendemain arborait la morphologie de Self Service et faisait des infidélité à la déesse Féca en priant Crâ à présent. Cela devenait le moindre de ses soucis, une affaire plus qu'urgente était en cours et là encore, il lui fallait toute l'aide possible...

 

Sans hésiter un instant de plus bien que toujours sous l'emprise de l'alcool, la disciple de Féca se rendit par un portail auprès de son véritable père, Sagearius... Elle n'eut que le temps d'apparaître au coeur de la Forêt des Ébènes que le grand Mage l'y attendait déjà, il avait perçu l'angoisse de sa fille jusque son laboratoire. Oubliant sa réserve de Grand Maître, la  petite se réfugia dans ses bras... Il y avait eu tant d'événements qui la perturbait aussi la disparition de la relique originelle était un événement de trop...

 

Elle ne comprenait pas par quel sortilège, elle n'avait pu le remarquer avant, l'avait-on remplacé par une pierre identique conçu sur mesure ? Une pierre que la nouvelle puissance acquise par l'âme du Grand Maître Ethéré avait fini par démystifier ?

 

Levant la tête en plongeant ses grands yeux d’améthystes dans ceux de son père, elle le salua et lui fit part de ses inquiétudes, de ses soucis...

 

- Bonjour Père, comment as-tu su que je serai ici ? Que sais-tu au juste ?

 

A sa grande surprise son père lui révéla une information qu'elle ignorait...

 

- Je sais tout ce qui te préoccupe ! Le petit flacon de bois que tu gardes sur toi et qui te permets d'accéder aux pouvoirs télépathiques du Grand Maître Féca possède un second pouvoir, si tu avais été t'imbiber d'alcool dans une taverne, je n'aurai rien pu savoir ! 

 

Après sa tirade explicative, il lui demanda la fiole et en complétant le contenu à l'aide d'un flacon qu'il avait emporté avec lui ! Il ajouta :

 

-Tu en auras encore besoin... il te faudra convaincre non seulement tes membres et le conseil mais aussi tes en... 

 

Il s'interrompit avant d'en dire plus et ajouta simplement sur un ton qui ne demandait aucune réplique

- Car c'est dans l'adversité que tu trouveras la solution...

 

Enalynne ne comprit pas la tournure de la phrase de son père mais comme tout, elle suivrait ses instructions, son père lui apprit qu'il ne pouvait rien faire pour changer la morphologie d'Enayar-Memory et qu'elle devait l'accepter comme tel, sous cette forme...

 

Énigmatique il murmura 'Certains ne changeront pas d'apparence, il faudra composer avec ne l'oublie surtout pas !'

 

Il observa sa fille, elle semblait bien fatiguée aussi lui donna t-il un regain d'énergie comme une seconde jeunesse, il ne trouvait pas normal qu'elle dut porter seule le poids des ans de son alter ego en plus des siens, elle retrouva instantanément la fraîcheur de ses vingt-deux années et pourtant ce n'était pas l'oeuvre d'un Xelor... Elle savait que son père était aussi un magicien du temps... Mais elle ignorait qu'il fut capable de la délier d'Enayar sans pour autant en séparer sa mémoire et son âme.

 

La jeune femme réfléchissait en vain à la signification de ses énigmes et pourquoi lui accorder précisément maintenant cette seconde jeunesse alors qu'il aurait pu le faire au cours de la cérémonie au cours de laquelle elle avait pris la place de son alter ego.  Elle allait lui demander lorsqu'elle entendit 'Tu auras besoin de toute ta vitalité ! ' tandis que son père disparaissait dans un nuage de fumée violette... Elle comprit qu'il n'en dirait pas plus aussi nota-t-elle soigneusement sur un parchemin ses paroles !

 

Le liquide ambré cessa de faire effet, les arbres se mirent à tourner, elle ferma un instant les yeux, son regard détaillait le visage de marbre du Grand Maître Féca lorsqu'elle prit conscience qu'elle était de retour...

 

Il fallait qu'elle en parle à quelqu'un, un membre du Conseil... Mais qu'allait-elle dire ? Son père ne lui avait laissé poser aucune question...

Elle en avait parlé aux éminences du Clan, il était à présent avéré que la tranquillité du Monde des Douze était en danger, Volhe Deuhmort, le côté maléfique de son âme n'était plus contenu par son artefact. Celui-ci avait disparu des années plus tôt sans que les Selenytes ne se rendent compte de la supercherie de sa substitution par un faux.... Sans la métamorphose d'Enayar-Memory, la Grand Maître Dezhâmes l'aurait également ignoré.

Combien de temps, très peu en vérité puisque l'esprit du puissant mage avait commencé les massacres, de ce fait, avec l'aide de son Clan et bien affaiblie, Enalynne avait permis à son père de rejoindre le Monde des Douze... Dimension qu'il avait abandonnée bien des siècles avant la naissance de la jeune femme. N'était-il pas naguère, le meilleur ami du Mage noir ?

Cette dernière n'avait pas comme lui la particularité de ne pas souffrir du passage du temps et en enveloppant de son corps douzien l'âme du Grand Féca, elle avait accepté de cumuler ses années aux siennes, d'où les agresseurs qu'elle avait pu rencontrés, la laissant presque pour morte, cependant c'était sans compter la combativité d'Enalynne qui avait lutté sans relâche pendant presque six années...

Son père n'avait eu de cesse de trouver un nouveau sortilège pour la libérer, non pas de l'âme de celui qui était devenu son alter ego, mais de son temps de vie qui se prolongeait chaque jour en double pour la jeune fille devenue rapidement une femme d'âge mûr, trop vite... Son but n'était pas de la priver de sa vie et de sa jeunesse. A sa dernière visite au fin fond de la Dimension Obscure, puisqu'il faut la situer, là où le paysage change pour coller à la narration précédente. Il lui avait administré, lui rendant les 22 printemps qui étaient les siens...

Refusant toutefois de répondre à ses questions, aussi Enalynne avait décidé qu'il était grand temps qu'il leur parle à tous et il y avait consenti.


Puisque tout avait été mis en place afin que son père puisse la rejoindre dans ce Monde. Que Volhe-Deuhmort se nourrissait des combats menés par le Clan, même si ces derniers n'était pas de notoriété publique et de leurs animations jusqu'à ce que les membres semblent s'endormir à nouveau mais pas tous...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Avec quelques recrues, Enalynne assure quelques animations banales et confie à chacune d'entre elles la réalisation totale d'une véritable animation... Cela on en parlera ultérieurement...

Enalynne, avec la fièvre de ses 22 printemps, croise plusieurs fois le chemin d'un jeune Féca alors que jusque là, elle passait la majeure partie de son temps libre en compagnie de membres du Clan, surtout l'un d'eux qu'elle avait pris sous son aile...

Au cours de quelques animations en diverses contrées du Monde des Douze, le 12 octoliard 649, elle se laisse prendre au jeu de séduction du jeune Varjo qui prend seul la décision d'adopter Yut  très prochainement, ce dernier trouve là l'occasion d'écrire son histoire et de justifier de son adoption... Il bénéficiera du titre de Grand Maître... Hum non il l'e refusera, mais a acceptera celui de Maître le 12 apérirel 650 lors de la restructuration du Clan et création du Conseil du Phoenix.

 

 

 

 

 

 

Enalynne se laisse juste convaincre appréciant passer du temps avec le disciple d'Ecaflip  et après quelques préparatifs avec l'aide de deux membres du Clan, Yut et Slashfield, la jeune femme annonce ses fiançailles publiquement. Elle semble très éprise du jeune Varjo, convaincue qu'il sera l'homme de sa vie, qu'il rachètera les fautes de celui qui l'avait détournée de son devoir lorsqu'elle avait refusé de porter le poids des ailes du Grand Maître Enayar.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dans le même élan, Varjo rejoint le Clan des Selenytes, il bénéficiera lui aussi de la restructuration et deviendra Maître également par la suite le 12 apérirel 650.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jeunes fiancés décident alors de profiter de la période magique et de se marier pour Nowel, quelques mois plus tard à peine... Cependant Enalynne avec son aide et celles de Yut et Slashfield organise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Les Jours Ludiques avant Nowel" et suggère de repousser leur mariage jusque la Saint Ballotin, date à laquelle Yut deviendra leur fils légitime au cours d'une animation...

Au fil des jours, sauf pour les besoins des animations, le jeune couple se voit de moins en moins... Enalynne est là et Varjo de plus en plus absent après la période des festivités... Yut par contre de plus en plus disponible prépare son adoption, Enalynne passe ses soirées à discuter avec son père ou avec le Clan, mettant sur pied de grands projets sur lesquels elle travaille sans économiser ses forces, sentimentalement, elle se sent seule, n'était-ce qu'un feu de paille ou pire ? Une monumentale erreur ? 
Cependant Enalynne est incapable de faire semblant, elle ne peut mentir, même par omission, pourtant elle n'avoue pas à Varjo ses raisons et se plonge à corps perdu dans le travail les obligeant à encore repousser le mariage mais aussi l'adoption de Yut.

Fin flovor, Varjo ayant pratiquement délaissée Enalynne lui préférant sa liberté et surtout les bonbons. Elle analyse ses sentiments et prend conscience que si elle est effectivement amoureuse, ce n'est pas de lui mais d'un autre et sans doute depuis longtemps, avant même qu'elle ne puisse se permettre d'aimer à nouveau...

 

Voulant sans doute inconsciemment se détacher de cet autre devenu inaccessible, pour ne pas succomber à cet amour qu'elle savait "Interdit", elle était tombée dans les bras de Varjo sans pour autant réussir à maîtriser les battements de son coeur lorsqu'elle se trouvait près de l'autre dont elle ne dévoilera l'identité à personne, résolue à cacher à tous ses sentiments...

Si la jeune femme a bien le coeur qui bat la chamade même en l'absence de son fiancé, elle refuse de vivre dans le mensonge qu'elle déteste... Puisqu'elle ne ressent plus qu'une certaine tendresse pour ce jeune Féca. 

Après avoir repoussé indéfiniment la date de leur mariage, elle décide de reprendre sa liberté et de rapidement rompre ses fiançailles... Varjo accepte la rupture sans sourciller... 

Elle verse une larme sur ce gâchis qu'elle a provoqué sans vraiment le vouloir ou le comprendre et tente de fermer son coeur aux tendres émois dissimulant dans le travail la force des sentiments qui l'animent et qu'elle ne peut empêcher de prendre de l'ampleur...

L'annonce de la rupture de ses fiançailles se fait officieusement, Enalynne voudrait l'annoncer à tous, prenant toute la responsabilité sur elle... Cependant,si elle ne se marie plus,  perturbe-t-elle certaines personnes dont Yut que le couple devait adopter pour devenir pour lui des parents de substitution... Il est clair que cette adoption n'était à présent plus à l'ordre du jour, elle ne deviendrait donc pas la maman de Yut et avait peur de l'avoir blessé.

Ce dernier ne pourra plus l'appeler "Ma ptite Maman" puisqu'il devient une victime collatérale de l'inconstance de Varjo et du secret d'Enalynne...  Et pourtant... Loin de la jeune Grand Maître était l'envie de faire souffrir ce jeune Selenyte qui perdait à la fois son futur papa et sa future maman.

Bien qu'elle ressente un pincement au coeur, elle préfére l'avoir en ami plutôt qu'en fils, elle s'occupe déjà de ceux d'Enayar, plus vieux qu'elle et Yut est pour elle un précieux ami. Même si elle est son mentor, ils existent entre eux des liens très forts... Afin de s'interdire de penser au mal involontaire qu'elle a occasionné, la Grand-Maître Dezhâmes décide d'une restructuration totale du Clan en nommant des Maîtres et Grand-Maîtres parmi les membres actifs et avec l'aide de ces derniers teste un tout nouveau programme le compagnonnage et devient avec sa famille la coteameuse de Yut et son équipe.

Pour elle, Yut a l'étoffe d'un Grand Maître, mais il refuse le titre aussi devient-il le Maître Shans'Oday, Dans ma foulée, Razeed, Maître Deviz'Hage ;  Liziele, Maître Chron'scillan ; Eldingar, Maître Daybour'Hin et Varjo, Maître Dayfriand'Hys endosse le même costume... Quant à Slashfield, seul représentant de la branche asteyrienne, elle le nomme Grand Maître De'Essibel ! (liens de chacun vers leur histoire et la raison de leur choix de nom)


Tous ont choisi leur noms et en écriront la raison dans leur présentation personnelle... A sept, ils forment à présent les nouveaux piliers du Clan

En parallèles un peu avant le compagnonnage est lancé, les jeunes novices sont accueillis dans la guilde des Apprentis Aventuriers   fondée par Yut qui devient alors avec elle  "Mentors Spirituels" c'est sans compter qu'ils offrent alors leur aides aux jeunes débutants...

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